Pourquoi les oiseaux mâles sont-ils plus colorés que les femelles ?
Pourquoi les oiseaux mâles sont plus colorés ? La sélection sexuelle : les femelles préfèrent les mâles vifs, et la femelle terne reste cachée sur le nid.

Dans cet article
- En bref : pourquoi les oiseaux mâles sont plus colorés
- Qu’est-ce que la sélection sexuelle ?
- Pourquoi les femelles sont-elles si ternes ?
- D’où viennent les couleurs des oiseaux ?
- Que coûte un plumage éclatant à un oiseau mâle ?
- Existe-t-il des oiseaux dont la femelle est plus colorée ?
- Les oiseaux mâles restent-ils colorés toute l’année ?
- Pourquoi le mâle et la femelle se ressemblent-ils chez certaines espèces ?
- Le système d’appariement influence-t-il les couleurs des mâles ?
- Idées reçues et réalités sur les mâles colorés
- Qu’est-ce que cela change pour l’observateur au jardin ?
- En résumé
- Sources
- Questions fréquentes
Pourquoi les oiseaux mâles sont-ils plus colorés que les femelles ? Surtout à cause de la sélection sexuelle, une idée exposée par Charles Darwin en 1871. Chez beaucoup d’espèces, ce sont les femelles qui choisissent leur partenaire, et elles ont tendance à retenir les mâles aux couleurs les plus vives, tandis que les mâles utilisent aussi leurs taches colorées pour impressionner leurs rivaux. Les femelles qui couvent sur des nids exposés tirent profit d’un plumage terne et mimétique, si bien que la sélection naturelle les garde discrètes.
Charles Darwin a exposé cette idée en 1871 dans La Descendance de l’homme et la sélection sexuelle, et plus de 150 ans de recherches l’ont affinée plutôt que renversée. Certaines femelles sont plus colorées que les mâles, certains mâles ne sont éclatants que quelques mois par an, et certaines espèces qui nous paraissent identiques sont très différentes aux yeux des oiseaux eux-mêmes.
En bref : pourquoi les oiseaux mâles sont plus colorés
- Cause principale : la sélection sexuelle, par le choix des femelles et la compétition entre mâles.
- Pourquoi les femelles sont ternes : le camouflage pendant la couvaison et l’élevage des jeunes.
- Les couleurs peuvent être des signaux honnêtes : les rouges et jaunes caroténoïdes dépendent de l’alimentation et de la santé.
- Pas universel : chez les phalaropes et quelques autres oiseaux, les femelles sont plus vives.
- Souvent saisonnier : beaucoup de mâles muent vers un plumage terne en dehors de la reproduction.
- Nous ne voyons pas tout : les oiseaux perçoivent l’ultraviolet, et certains sexes « identiques » diffèrent dans l’ultraviolet.
Qu’est-ce que la sélection sexuelle ?
La sélection naturelle favorise les caractères qui aident un animal à survivre. La sélection sexuelle favorise ceux qui l’aident à se reproduire, même s’ils compliquent sa survie. Une longue queue ou un plumage rouge éclatant peut attirer les prédateurs, mais s’il attire aussi davantage de partenaires, il peut quand même se répandre dans une population.
La sélection sexuelle agit de deux grandes façons.
Le choix des femelles
Chez la plupart des oiseaux, les femelles investissent davantage que les mâles dans chaque tentative de reproduction. Elles pondent de gros œufs riches en nutriments et, chez beaucoup d’espèces, assurent l’essentiel ou la totalité de la couvaison. Chaque femelle devient ainsi une ressource limitée, ce qui la rend plus exigeante. Les mâles, eux, rivalisent pour attirer son attention.
Au fil des générations, les préférences des femelles peuvent pousser les caractères des mâles à l’extrême. Les paradisiers de Nouvelle-Guinée en sont l’exemple classique : chez beaucoup d’espèces, les mâles arborent des plumes et des couleurs extraordinaires et exécutent des parades complexes, tandis que les femelles, assez discrètes, élèvent seules les jeunes. Le paon bleu en est un autre. Des recherches ont relié la traîne du paon et ses ocelles au succès reproducteur, même si les résultats varient selon les études et les populations.
La compétition entre mâles
Les couleurs vives servent aussi de signaux entre mâles. Une tache colorée peut afficher la force ou le statut et régler un conflit sans véritable combat.
En Amérique du Nord, et donc au Canada, le carouge à épaulettes en est un bon exemple. Les mâles territoriaux exhibent leurs épaulettes rouge et jaune pendant leurs parades. Dans une expérience classique des années 1970, les mâles dont on avait noirci les épaulettes avaient plus de mal à garder leur territoire, ce qui suggère que ces taches comptent dans les rapports entre mâles. En Europe, la bavette noire du moineau domestique a longtemps été présentée comme un « badge de statut » ; des analyses plus récentes ont toutefois mis en doute la solidité de cet effet.

Pourquoi les femelles sont-elles si ternes ?
L’autre moitié de la réponse concerne les femelles. Chez beaucoup de passereaux, c’est la femelle qui construit le nid, couve les œufs et réchauffe les poussins, restant de longues heures immobile au même endroit. Un oiseau vivement coloré sur un nid ouvert serait facile à repérer pour un épervier, un geai, une pie, un écureuil ou une couleuvre.
Il suffit de regarder le jardin. Le merle noir mâle est noir de jais avec un bec jaune d’or, la femelle est brun sombre. Le faisan de Colchide mâle est cuivré, avec une tête verte et des caroncules rouges, alors que la poule faisane, qui couve à même le sol, se fond presque parfaitement dans les herbes sèches.
Alfred Russel Wallace, codécouvreur de la sélection naturelle avec Darwin, insistait sur ce point : pour lui, les femelles ternes résultaient d’une sélection pour la dissimulation.
Les études modernes suggèrent que les deux avaient en partie raison. Une vaste analyse comparative publiée dans Nature en 2015, portant sur des milliers d’espèces de passereaux, a montré que les couleurs des mâles et des femelles ont tendance à évoluer ensemble, et qu’une forte sélection sexuelle est liée à une plus grande différence de couleur entre les sexes. Elle suggérait aussi que, dans beaucoup de lignées, cette différence est apparue parce que les femelles sont devenues plus ternes, pas seulement parce que les mâles sont devenus plus vifs.
D’où viennent les couleurs des oiseaux ?
Pour comprendre pourquoi certains mâles sont plus éclatants que d’autres, il faut savoir comment les plumes se colorent. Il existe deux grandes sources.
| Source de couleur | Couleurs produites | Origine | Exemples |
|---|---|---|---|
| Mélanines | Noir, gris, brun, roux, chamois | Fabriquées par les cellules de l’oiseau | Corneille, moineau, plumage noir du merle mâle |
| Caroténoïdes | Rouge, orange, jaune | Doivent venir de l’alimentation | Poitrine jaune de la mésange charbonnière, masque rouge du chardonneret, poitrine du bouvreuil |
| Couleur structurale | Bleu, violet, vert et pourpre irisés | De minuscules structures de la plume diffusent la lumière | Martin-pêcheur, calotte de la mésange bleue, tête du colvert, gorge des colibris |
| Autres pigments | Rouges, jaunes et verts particuliers dans certains groupes | Fabriqués par l’oiseau | Perroquets (psittacofulvines), touracos |
Pourquoi les couleurs caroténoïdes sont des signaux « honnêtes »
Les oiseaux ne savent pas fabriquer les caroténoïdes. Ils doivent les trouver dans les fruits, les graines, les fleurs et les insectes, puis les absorber, les transporter et les déposer dans les plumes en croissance. Un mâle en bonne santé, sans parasites et doué pour trouver sa nourriture peut produire un plumage plus rouge ou plus jaune qu’un rival plus faible.
Le roselin familier d’Amérique du Nord est l’exemple le mieux étudié. Les mâles vont du jaune pâle au rouge profond en passant par l’orange. Les recherches menées par Geoffrey Hill ont montré que cette variation reflète les caroténoïdes consommés pendant la mue, et que les femelles tendent à préférer les mâles les plus rouges.
En Europe, la mésange charbonnière illustre le même principe. Le jaune de sa poitrine dépend en grande partie des caroténoïdes apportés par les chenilles, et des études ont montré que les mésanges des milieux pollués ou pauvres en chenilles ont souvent une poitrine plus pâle. Chez la linotte mélodieuse et le bec-croisé des sapins, les éleveurs savent depuis longtemps que les mâles en captivité perdent souvent leur rouge si leur alimentation manque des bons pigments. Comme la couleur dépend du régime pendant la mue, elle donne un instantané récent de la condition du mâle. Notre guide pourquoi les oiseaux muent explique comment se déroule ce renouvellement annuel des plumes.

Les couleurs structurales peuvent aussi signaler la qualité
Les bleus et les couleurs irisées sont produits par la structure fine de la plume plutôt que par un pigment. Produire une structure bien ordonnée pourrait aussi dépendre de la condition de l’oiseau, et plusieurs études ont relié l’éclat du plumage bleu à la qualité des mâles chez des espèces comme les merlebleus d’Amérique du Nord ou la gorgebleue à miroir. Notre article pourquoi les plumes bleues ne sont pas vraiment bleues détaille la physique en jeu.
Que coûte un plumage éclatant à un oiseau mâle ?
Si les couleurs vives étaient gratuites, tous les oiseaux en auraient. Le fait qu’elles ne soient pas universelles montre qu’elles ont un vrai coût, et ce coût fait partie de ce qui leur donne du sens aux yeux des femelles.
Le risque de prédation
Un oiseau voyant est plus facile à trouver. Les études utilisant des leurres peints et des observations de terrain ont en général montré que les oiseaux vivement colorés sont plus facilement repérés par les prédateurs, même si l’ampleur de l’effet varie selon l’habitat et le type de prédateur.
Les coûts nutritionnels et physiologiques
Les caroténoïdes ne sont pas que des pigments. Dans l’organisme, ils sont aussi liés à l’immunité et à l’activité antioxydante. D’où l’hypothèse du compromis : un mâle qui consacre ses caroténoïdes à ses plumes en a moins pour d’autres usages, si bien que seuls les mâles en bonne condition peuvent s’offrir les couleurs les plus vives. L’idée est bien étayée chez certaines espèces et discutée chez d’autres, mais elle explique en partie pourquoi la couleur est un signal si fiable.
Existe-t-il des oiseaux dont la femelle est plus colorée ?
Oui, et ces cas confirment la règle. Quand les rôles habituels s’inversent, les couleurs s’inversent aussi.
Les phalaropes. Le phalarope à bec étroit et le phalarope à bec large nichent dans l’Arctique et se voient en migration sur les côtes françaises, surtout après les tempêtes d’automne. Les femelles ont le plumage nuptial le plus vif, courtisent les mâles et peuvent rivaliser entre elles. Après la ponte, la femelle part souvent, et le mâle plus terne couve les œufs et s’occupe des poussins. Ici, c’est le sexe qui couve qui est camouflé.
Le pluvier guignard. Ce limicole des toundras et des hauts plateaux, qui fait halte en France lors de ses migrations, suit le même schéma : la femelle est plus colorée, et le mâle assure l’essentiel de la couvaison.
L’éclectus. Ce perroquet de Nouvelle-Guinée et du nord de l’Australie est un cas à part : les deux sexes sont éclatants. Le mâle est surtout vert vif, la femelle rouge avec du violet ou du bleu. Des recherches en Australie ont relié la couleur vive de la femelle à une forte compétition entre femelles pour les rares cavités de nidification, où elles passent de longues périodes et affichent leur propriété, tandis que le vert du mâle l’aide à se fondre dans la canopée.

Les oiseaux mâles restent-ils colorés toute l’année ?
Beaucoup ne le restent pas. Chez un certain nombre d’espèces, les mâles ne sont éclatants qu’en période de reproduction.
- Les canards : les mâles passent l’été en plumage d’éclipse terne, proche de celui de la femelle, pendant la mue qui les prive de vol.
- Le combattant varié : les mâles arborent au printemps une collerette et des aigrettes spectaculaires, qu’ils perdent ensuite.
- La linotte mélodieuse : le rouge du front et de la poitrine du mâle est bien moins visible en hiver.
- Au Canada, le chardonneret jaune : le mâle, jaune vif à calotte noire en été, devient brun olive en hiver.
Chez certaines espèces, le changement se fait même sans mue. Le moineau domestique mâle et le pinson des arbres muent à l’automne avec des plumes à pointes pâles qui masquent leurs couleurs ; ces pointes s’usent pendant l’hiver, et le plumage nuptial apparaît au printemps sans qu’une seule plume soit remplacée.
Pourquoi changer ? Le plumage vif a des coûts, dont une plus grande visibilité pour les prédateurs. Quand il n’y a ni partenaire à séduire ni territoire à défendre, les bénéfices baissent, et une tenue d’hiver plus discrète peut devenir la meilleure stratégie. D’autres espèces, comme le merle noir ou le bouvreuil pivoine, gardent leurs couleurs toute l’année.
Pourquoi les jeunes mâles ressemblent-ils aux femelles ?
Chez certaines espèces, les mâles de première année ressemblent aux femelles ou ne montrent que des traces des couleurs adultes. C’est la maturation retardée du plumage. Le rougequeue noir en est un exemple familier en France : beaucoup de jeunes mâles chantent et se reproduisent avec un plumage gris-brun proche de celui de la femelle. Au Canada, la paruline flamboyante et l’hirondelle noire en sont des exemples classiques.
Les chercheurs ont proposé plusieurs raisons :
- Éviter l’agressivité : les mâles plus âgés attaqueraient moins les jeunes mâles qui ressemblent à des femelles.
- Économiser l’énergie : un jeune mâle a peu de chances d’obtenir un territoire la première année, donc investir dans des couleurs coûteuses pourrait être inutile.
- Le camouflage : un oiseau plus terne serait moins exposé aux prédateurs pendant son année la plus risquée.
La meilleure explication diffère sans doute selon les espèces, et la question reste ouverte.
Pourquoi le mâle et la femelle se ressemblent-ils chez certaines espèces ?
Chez de nombreux oiseaux, comme la pie bavarde, le rouge-gorge, la corneille noire, le geai des chênes et la plupart des goélands, les sexes se ressemblent à nos yeux. Plusieurs facteurs semblent jouer.
- Les deux parents partagent le travail. Quand mâle et femelle se relaient pour couver et nourrir, ils courent des risques similaires face aux prédateurs.
- Les deux sexes rivalisent. Chez le rouge-gorge, mâles et femelles défendent chacun un territoire en hiver, et les deux arborent la même poitrine orange.
- Le choix mutuel. Chez certaines espèces, les mâles choisissent aussi les femelles, ce qui peut favoriser les ornements chez les deux sexes.

Certains sexes « identiques » ne le sont pas pour les oiseaux
Les humains voient trois couleurs primaires. La plupart des oiseaux possèdent quatre types de cônes, dont un sensible à l’ultraviolet, comme l’explique notre guide les oiseaux voient-ils l’ultraviolet ?.
Nous pouvons donc manquer des différences que les oiseaux voient clairement. La mésange bleue est le cas célèbre : les sexes nous paraissent presque identiques, mais des études de la fin des années 1990 ont montré que la calotte des mâles réfléchit plus d’ultraviolet que celle des femelles, et que les femelles semblent utiliser ce signal pour choisir leur partenaire. « Monomorphe » signifie souvent « monomorphe pour l’œil humain ».
Le système d’appariement influence-t-il les couleurs des mâles ?
Globalement, oui. Plus le succès reproducteur est inégal entre les mâles, plus la sélection sexuelle tend à être forte, et plus les mâles sont souvent ornés.
- Les espèces à leks. Chez les oiseaux dont les mâles se rassemblent pour parader et que les femelles visitent seulement pour s’accoupler, comme le combattant varié, le tétras lyre, le grand tétras, beaucoup de paradisiers et les manakins, quelques mâles peuvent engendrer la majorité des jeunes. Ces espèces montrent souvent des ornements extrêmes.
- La monogamie sociale avec accouplements hors couple. Beaucoup de passereaux forment un couple pour une saison, mais les analyses ADN montrent qu’une part notable des poussins est souvent issue d’un autre mâle que le partenaire social. Plusieurs études ont trouvé que les espèces où ces accouplements sont fréquents tendent à présenter une plus forte différence de couleur entre les sexes. Notre article les oiseaux sont-ils fidèles pour la vie ? développe ce point.
- Les partenariats durables et partagés. Chez les espèces dont les couples durent des années et partagent les soins, comme beaucoup d’oies, de cygnes et d’oiseaux marins, les sexes se ressemblent souvent.
Idées reçues et réalités sur les mâles colorés
Idée reçue : les mâles sont plus vifs simplement parce qu’ils sont « le sexe qui se montre ». Réalité : les différences de couleur viennent de pressions de sélection précises, et chez certaines espèces ce sont les femelles qui se montrent.
Idée reçue : un mâle plus vif est toujours en meilleure santé. Réalité : la couleur reflète souvent la condition, mais elle dépend aussi de l’âge, de la génétique et de la nourriture disponible.
Idée reçue : un oiseau brun à côté d’un oiseau vif est toujours la femelle. Réalité : ce peut être un jeune mâle, un mâle en plumage d’hiver ou une autre espèce.
Idée reçue : les oiseaux se voient comme nous les voyons. Réalité : les oiseaux perçoivent l’ultraviolet, et leur vision du plumage diffère de la nôtre.
Qu’est-ce que cela change pour l’observateur au jardin ?
- Apprenez les femelles. Beaucoup de difficultés d’identification portent sur le sexe terne. Prenez le temps d’observer les femelles de merle, de pinson, de moineau et de bouvreuil pour les reconnaître sans les mâles.
- Attendez-vous à des changements saisonniers. Un moineau mâle à la bavette pâle en novembre retrouvera un plastron bien noir au printemps.
- Guettez les parades. Au printemps, observez les mâles qui gonflent leurs plumes, étalent la queue ou exhibent une tache colorée. Vous voyez la sélection sexuelle à l’œuvre.
- Remarquez les variations. Deux mésanges charbonnières à la poitrine plus ou moins jaune reflètent en partie des différences d’alimentation lors de leur dernière mue.
- Utilisez les bons indices. Silhouette, comportement et chant identifient souvent un oiseau plus vite que la couleur, comme l’explique notre guide comment identifier les oiseaux.
En résumé
Les oiseaux mâles sont souvent plus colorés parce que, chez beaucoup d’espèces, les femelles choisissent des partenaires vivement colorés et les mâles utilisent la couleur pour rivaliser, tandis que les femelles qui couvent et gardent le nid profitent du camouflage. Ce schéma est modulé par l’alimentation, le système d’appariement, les soins parentaux et même par les couleurs que les oiseaux voient et que nous ne voyons pas. Là où les rôles s’inversent, comme chez les phalaropes, les couleurs s’inversent aussi, ce qui compte parmi les meilleures preuves que l’explication est juste.
Sources
Questions fréquentes
Pourquoi les femelles des oiseaux sont-elles souvent plus ternes que les mâles ?
Deux forces agissent ensemble. La sélection sexuelle favorise les couleurs vives chez les mâles, parce que les femelles les préfèrent et que les rivaux les respectent. La sélection naturelle favorise le camouflage chez les femelles, car chez beaucoup d'espèces c'est elle qui couve, et un oiseau terne sur un nid exposé est plus difficile à repérer. Dans certaines lignées, les femelles seraient même devenues plus ternes au fil du temps.
Existe-t-il des oiseaux dont la femelle est plus colorée ?
Oui. Chez les phalaropes, petits limicoles qui nichent dans l'Arctique, et chez le pluvier guignard, les femelles sont plus vives que les mâles, se disputent les partenaires et laissent aux mâles la couvaison et l'élevage des poussins. Chez l'éclectus de Nouvelle-Guinée et du nord de l'Australie, les deux sexes sont éclatants : le mâle est vert, la femelle rouge et violette.
Les oiseaux mâles restent-ils colorés toute l'année ?
Pas toujours. Beaucoup de mâles prennent un plumage plus terne après la saison de reproduction. Les canards mâles passent l'été en plumage d'éclipse, proche de celui de la femelle, et le combattant varié perd sa collerette spectaculaire après le printemps. D'autres espèces, comme le merle noir ou le bouvreuil pivoine, gardent leurs couleurs toute l'année.
Pourquoi certains jeunes mâles ressemblent-ils à des femelles ?
C'est ce qu'on appelle la maturation retardée du plumage. Chez le rougequeue noir, beaucoup de mâles de première année ont un plumage gris-brun proche de celui de la femelle. Plusieurs explications ont été proposées, comme éviter l'agressivité des mâles plus âgés ou économiser de l'énergie tant que le jeune mâle a peu de chances d'obtenir un territoire. L'explication peut varier selon l'espèce.
Les oiseaux voient-ils chez les autres des couleurs invisibles pour nous ?
Oui. La plupart des oiseaux voient l'ultraviolet, ce que les humains ne peuvent pas faire. Certaines espèces qui nous paraissent identiques, comme la mésange bleue, diffèrent dans l'ultraviolet : la calotte des mâles réfléchit plus d'ultraviolet que celle des femelles. Pour un autre oiseau, mâles et femelles de ces espèces peuvent donc sembler nettement différents.
L'alimentation influence-t-elle l'éclat d'un oiseau mâle ?
Pour les plumes rouges, orange et jaunes, souvent oui. Ces couleurs viennent en général de pigments caroténoïdes que les oiseaux ne fabriquent pas et doivent trouver dans leur nourriture. Chez la mésange charbonnière, le jaune de la poitrine dépend des caroténoïdes consommés, notamment via les chenilles, pendant la pousse des plumes. Chez le roselin familier, les femelles tendent à préférer les mâles les plus rouges.