Les oiseaux ont-ils un odorat ?

Les oiseaux ont-ils un odorat ? Oui : urubus, kiwis et oiseaux marins trouvent leur nourriture à l'odeur, et les passereaux sentent mieux qu'on le croyait.

Un urubu à tête rouge planant à basse altitude au-dessus d'une colline herbeuse, les ailes relevées en V (illustration IA)
Illustration générée par IA, pas une photo
Dans cet article
  1. Réponse rapide : l’odorat des oiseaux est-il bon ?
  2. Pourquoi a-t-on cru que les oiseaux ne sentaient rien ?
  3. Comment fonctionne le nez d’un oiseau ?
  4. Quels oiseaux ont le meilleur odorat ?
  5. Les passereaux et oiseaux du jardin sentent-ils les odeurs ?
  6. Comment l’odorat se compare-t-il aux autres sens des oiseaux ?
  7. Idées reçues sur les oiseaux et l’odorat
  8. Ce que cela change pour l’observateur au jardin
  9. En bref
  10. Sources
  11. Questions fréquentes

Les oiseaux ont-ils un odorat ? Oui. Tous les oiseaux étudiés possèdent un système olfactif fonctionnel, et l’anatomiste Betsy Bang en a disséqué chez bien plus de 100 espèces dans les années 1960. L’urubu à tête rouge trouve des charognes cachées grâce à son nez, les kiwis fouillent le sol avec des narines au bout du bec, et les albatros et pétrels suivent en mer l’odeur des zones riches en nourriture. Même les passereaux s’en servent pour choisir leurs matériaux de nid, reconnaître des individus et éviter le danger.

Pendant plus d’un siècle, les manuels ont affirmé le contraire. Comprendre comment cette erreur est née, puis comment la science a évolué, est le meilleur moyen de savoir ce que les oiseaux sentent vraiment.

Réponse rapide : l’odorat des oiseaux est-il bon ?

  • Tous les oiseaux ont l’équipement : narines, cavité nasale tapissée d’une muqueuse olfactive, nerfs olfactifs et bulbe olfactif dans le cerveau.
  • Les capacités varient énormément. Certaines espèces ont de grands bulbes olfactifs et un comportement clairement guidé par l’odeur. D’autres en ont de bien plus petits et s’appuient surtout sur la vue et l’ouïe.
  • Les champions de l’odorat : l’urubu à tête rouge, les kiwis et les oiseaux marins à narines tubulaires (albatros, pétrels, puffins, océanites).
  • Les passereaux sentent aussi, en général moins finement, et de façon plus discrète.
  • La légende de l’oisillon touché est fausse. Les parents n’abandonnent pas leurs petits à cause de l’odeur humaine.

Pourquoi a-t-on cru que les oiseaux ne sentaient rien ?

L’idée a une longue histoire et un nom célèbre. Dans les années 1820, John James Audubon, le grand peintre d’oiseaux, a décrit des expériences où des vautours ignoraient une carcasse pourrie cachée mais s’approchaient d’une peau de cerf empaillée ou d’une peinture de carcasse. Il en a conclu que les vautours chassaient uniquement à vue. Sa conclusion a été largement acceptée, puis étendue aux oiseaux en général.

Des analyses ultérieures ont suggéré que les vautours d’Audubon étaient probablement des urubus noirs, une espèce qui compte davantage sur la vue que sa cousine l’urubu à tête rouge, et qu’une viande très avancée attire sans doute moins que des charognes plus fraîches. Mais la croyance était déjà ancrée.

L’anatomie semblait la confirmer. La plupart des oiseaux ont de petites narines en fente, et chez beaucoup de passereaux les régions cérébrales dédiées à l’odorat sont petites comparées à celles des mammifères. Les oiseaux sont en outre de toute évidence des animaux visuels : plumages vifs, parades élaborées et vue perçante évoquent un monde dominé par la vue et le son. L’hypothèse était raisonnable. Elle était simplement incomplète.

Qui a changé la donne ?

Au milieu du XXe siècle, des chercheurs ont commencé à mesurer systématiquement le nez et le cerveau des oiseaux. Les travaux les plus connus sont ceux de Betsy Bang, illustratrice médicale et anatomiste, qui a disséqué les voies nasales et les bulbes olfactifs de bien plus de 100 espèces dans les années 1960. Ses comparaisons ont montré que la taille relative du bulbe olfactif variait beaucoup entre groupes, et que certains oiseaux, dont les kiwis, les urubus et les oiseaux marins à narines tubulaires, en avaient de très grands. Les chercheurs savaient désormais quelles espèces tester, et les expériences comportementales ont suivi.

La génétique a depuis apporté un autre éclairage. Les oiseaux portent de nombreux gènes de récepteurs olfactifs, les protéines qui détectent les molécules odorantes, et leur nombre et leur diversité varient selon les espèces. Ces recherches sont encore jeunes, mais elles confirment le tableau : l’odorat compte pour les oiseaux, plus pour certains que pour d’autres.

Comment fonctionne le nez d’un oiseau ?

Le nez d’un oiseau suit le même plan de base que le nôtre, avec quelques différences.

  1. Les narines. En général des ouvertures à la base du bec supérieur, parfois sous une couverture charnue ou des soies. Chez les oiseaux marins à narines tubulaires, elles s’ouvrent dans des tubes sur le bec.
  2. La cavité nasale et les cornets. L’air y circule sur des structures enroulées, les cornets, généralement au nombre de trois. Les premiers réchauffent, humidifient et filtrent l’air.
  3. La muqueuse olfactive. Le dernier cornet est en général tapissé d’épithélium olfactif, où des cellules réceptrices détectent les molécules odorantes.
  4. Le bulbe olfactif. Les signaux gagnent par le nerf olfactif le bulbe situé à l’avant du cerveau, qui traite l’information.

On compare souvent les espèces par la taille du bulbe olfactif rapportée au reste du cerveau. La mesure est imparfaite, car un petit bulbe ne signifie pas absence d’odorat, mais elle donne une idée de l’investissement d’une espèce dans l’odeur.

Comment teste-t-on l’odorat d’un oiseau ?

Faute de pouvoir interroger l’oiseau, les chercheurs croisent plusieurs méthodes :

  • Tests de choix : on propose deux chemins ou deux récipients, l’un parfumé, l’autre non, et on note lequel l’oiseau approche. Les labyrinthes en Y sont courants pour les petits oiseaux.
  • Apprentissage : l’oiseau apprend à associer une odeur à une récompense. S’il y parvient, c’est qu’il la perçoit.
  • Enregistrements nerveux : en laboratoire, on mesure l’activité électrique du nerf olfactif quand on souffle des odeurs dans la cavité nasale.
  • Expériences en mer : on libère des nappes ou panaches odorants et on compte les oiseaux marins qui arrivent, en général en remontant le vent en zigzag, le schéma classique d’un animal qui suit une odeur.

Quels oiseaux ont le meilleur odorat ?

L’urubu à tête rouge, détective des charognes

L’urubu à tête rouge, vautour du Nouveau Monde répandu des Amériques, est l’exemple classique. Il plane bas au-dessus des bois et des champs et trouve des carcasses cachées sous le couvert forestier, là où la vue ne servirait à rien. Il possède l’un des plus grands bulbes olfactifs connus chez les oiseaux, par rapport à la taille du cerveau.

Une anecdote célèbre le relie à l’industrie. Au milieu du XXe siècle, des compagnies gazières américaines ont remarqué que des urubus se rassemblaient au-dessus des fuites de canalisations. Le gaz naturel était odorisé à l’éthylmercaptan, un composé soufré qui sent la nourriture avariée et que dégagent aussi les carcasses en décomposition. Des chercheurs ont ensuite confirmé que l’urubu à tête rouge est attiré par ce composé. L’urubu noir, à l’odorat plus faible, trouve souvent sa nourriture en suivant les urubus à tête rouge.

Les vautours de l’Ancien Monde, comme le vautour fauve que l’on observe dans les Pyrénées, les Grands Causses ou les Alpes, appartiennent à une autre famille et semblent s’appuyer davantage sur la vue et sur l’observation des autres charognards. Quand un vautour fauve descend sur une carcasse, ses congénères qui patrouillent à des kilomètres le voient et le suivent. Leur mode de vie semblable est apparu indépendamment : « vautour » ne veut pas dire « bon nez ».

Les kiwis, narines au bout du bec

Les kiwis de Nouvelle-Zélande sont uniques parmi les oiseaux actuels : leurs narines se trouvent à l’extrémité de leur long bec. Ils se nourrissent la nuit en sondant le sol et la litière à la recherche de vers et de larves, et possèdent de grands bulbes olfactifs. Des expériences en captivité ont montré qu’ils trouvent de la nourriture enterrée à l’odeur. Les kiwis reniflent même bruyamment en fouillant, cas rare d’un oiseau qu’on entend littéralement sentir.

Albatros, pétrels et puffins : suivre l’odeur de la mer

Les oiseaux marins à narines tubulaires, ou Procellariiformes, regroupent albatros, pétrels, puffins, fulmars et océanites. Sur les côtes françaises, on peut en observer plusieurs : le fulmar boréal sur les falaises de Bretagne et de Normandie, le puffin des Baléares ou le puffin cendré au large, l’océanite tempête en été. Beaucoup ont de grands bulbes olfactifs.

Ces oiseaux prospectent d’immenses étendues d’océan où la nourriture est dispersée. Les recherches, notamment celles de Gabrielle Nevitt et ses collègues, ont montré que beaucoup sont attirés par le sulfure de diméthyle (DMS). Ce composé est libéré quand le phytoplancton est endommagé, par exemple lorsqu’il est brouté par le krill et d’autres petits animaux. Un panache de DMS fonctionne comme une carte olfactive qui indique où se trouvent probablement les proies. Certaines espèces réagissent aussi fortement à l’odeur de poisson des proies grasses.

L’odorat les aide aussi à terre. Plusieurs pétrels et océanites nichant en terrier regagnent leur colonie de nuit, et des études suggèrent qu’ils retrouvent leur propre terrier parmi des milliers grâce à l’odeur. Certains semblent reconnaître leur propre odeur ou celle de leur partenaire.

L’odorat peut-il piéger les oiseaux marins ?

Hélas, oui. Une étude publiée en 2016 dans Science Advances a montré que les plastiques flottants se couvrent d’algues et d’autres organismes qui peuvent dégager du DMS. Le plastique peut donc sentir la nourriture pour les oiseaux qui chassent à l’odeur, ce qui aiderait à expliquer pourquoi les Procellariiformes comptent parmi les groupes qui ingèrent le plus de plastique.

D’autres bons nez

  • Le guacharo et certains engoulevents. Le guacharo d’Amérique du Sud, frugivore nocturne, a un bulbe olfactif assez grand. L’odorat l’aiderait à trouver des fruits aromatiques, une hypothèse moins testée.
  • Les indicateurs. Ces oiseaux africains mangent de la cire d’abeille, et l’odeur les aiderait à trouver les ruches sauvages, sans que ce soit établi.
  • Les canards et certains oiseaux d’eau ont des bulbes de taille moyenne, et des expériences montrent que des canards apprennent à réagir à des odeurs.

Les passereaux et oiseaux du jardin sentent-ils les odeurs ?

Oui, en général moins finement que les urubus ou les pétrels. Pendant des décennies, on les a crus quasiment dépourvus d’odorat. Depuis les années 1980, la recherche a montré qu’ils s’en servent de plusieurs façons.

Choisir des plantes aromatiques pour le nid

Certains passereaux cavernicoles apportent des plantes aromatiques fraîches dans leur nid. L’étourneau sansonnet sélectionne certaines plantes vertes, et en Corse, des études sur la mésange bleue ont montré qu’elle ajoute à son nid des herbes aromatiques comme la lavande, l’immortelle ou la menthe pendant la reproduction, et les renouvelle quand elles fanent. Ces plantes pourraient réduire les parasites ou les bactéries du nid, même si les résultats varient selon les études. Quoi qu’il en soit, choisir une plante à son odeur suppose un odorat. Notre article comment les oiseaux construisent-ils leur nid ? présente les autres matériaux.

Se reconnaître et reconnaître son nid

Des études sur le diamant mandarin ont montré que les poussins reconnaissent l’odeur de leur nid. Des recherches sur le junco ardoisé d’Amérique du Nord suggèrent que la composition chimique de l’huile de la glande uropygienne, que l’oiseau étale sur ses plumes, renseigne sur le sexe et l’identité individuelle. Le starique cristatelle du Pacifique Nord dégage en période de reproduction une forte odeur d’agrume qui jouerait un rôle dans la parade. La vie sociale des oiseaux a donc une dimension chimique que l’on commence à peine à comprendre.

Détecter le danger

Certaines expériences suggèrent que la mésange charbonnière et la mésange bleue se montrent plus prudentes près de nichoirs imprégnés de l’odeur de prédateurs comme les mustélidés, tandis que d’autres études n’ont trouvé que peu ou pas de réaction. Le sujet reste débattu, et les résultats semblent dépendre de l’espèce et du contexte.

Les pigeons voyageurs et l’odorat

L’une des idées les plus surprenantes sur l’orientation des oiseaux vient d’Italie. Dès les années 1970, des chercheurs italiens ont constaté que des pigeons voyageurs privés d’odorat avaient souvent du mal à rentrer depuis des lieux inconnus. L’hypothèse de la « navigation olfactive » propose que les pigeons apprennent la répartition des odeurs portées par les vents autour de leur pigeonnier et s’en servent comme d’une carte. Elle reste discutée, et les pigeons utilisent aussi le soleil et sans doute des indices magnétiques, mais les preuves d’un rôle de l’odorat sont substantielles. Notre article les oiseaux utilisent-ils le champ magnétique terrestre ? présente les autres sens de l’orientation.

Comment l’odorat se compare-t-il aux autres sens des oiseaux ?

SensNiveau habituel chez les oiseauxRemarques
VueExcellentBeaucoup voient l’ultraviolet et perçoivent les mouvements rapides
OuïeTrès bonLes chouettes localisent leurs proies au seul son
OdoratDe faible à excellentMeilleur chez les urubus, kiwis et oiseaux marins à narines tubulaires
GoûtGénéralement limitéMoins de papilles que les mammifères, insensibles au piquant de la capsaïcine
ToucherVariableBout du bec très sensible chez les oiseaux sondeurs comme les bécasses et les kiwis

Pour la plupart des oiseaux du jardin, la vue et l’ouïe dominent, et l’odorat joue un rôle d’appoint. Nos articles les oiseaux voient-ils les couleurs ? et les oiseaux ont-ils des oreilles ? présentent les sens qui font l’essentiel du travail.

L’odorat et le goût, c’est pareil ?

Non, mais les deux sont liés, comme chez nous. Les oiseaux ont relativement peu de papilles, réparties à l’arrière de la langue et sur le palais et le plancher de la bouche. Conséquence connue : ils ne ressentent pas la brûlure de la capsaïcine, la molécule du piment, alors que les écureuils la ressentent. Notre article les oiseaux sentent-ils le piquant ? explique la chimie en jeu.

Idées reçues sur les oiseaux et l’odorat

Idée reçue : les oiseaux n’ont pas d’odorat. Réalité : tous les oiseaux étudiés ont un système olfactif fonctionnel, et certains dépendent fortement de l’odeur.

Idée reçue : une mère oiseau abandonne un petit touché par un humain. Réalité : les parents ne rejettent pas leurs petits à cause de l’odeur humaine. Vous pouvez remettre au nid un oisillon tombé. Lisez les oiseaux rejettent-ils un petit touché par l’homme ?

Idée reçue : tous les vautours trouvent leur nourriture à l’odeur. Réalité : l’urubu à tête rouge, oui, mais l’urubu noir et la plupart des vautours de l’Ancien Monde, dont le vautour fauve, comptent surtout sur la vue.

Idée reçue : de grandes narines signifient un bon odorat. Réalité : les narines externes disent peu de chose. Ce qui compte, c’est la muqueuse interne et le bulbe olfactif.

Ce que cela change pour l’observateur au jardin

  • Les mangeoires sont trouvées à vue et en suivant les autres oiseaux. Si les oiseaux boudent une nouvelle mangeoire, des graines parfumées n’y changeront rien. Visibilité, abri à proximité et patience comptent davantage. Notre guide pourquoi les oiseaux ne viennent-ils pas à ma nouvelle mangeoire ? explique ce qui marche.
  • Les graines moisies posent un problème de santé, pas d’odeur. Les oiseaux peuvent manger des graines avariées : vérifiez-les et stockez-les au sec. Lisez les graines pour oiseaux se périment-elles ?
  • L’odeur humaine sur un nid n’est pas un problème, mais évitez tout de même de déranger les nids occupés : les prédateurs peuvent suivre votre trace et les parents être stressés.
  • Inutile de parfumer les nichoirs. N’ajoutez ni parfum, ni huile essentielle, ni produit insecticide : certains peuvent nuire aux oiseaux.

Les erreurs courantes

  • Refuser de remettre au nid un oisillon en bonne santé par peur de l’odeur humaine.
  • Ajouter des produits parfumés ou huileux aux mangeoires ou aux nichoirs pour attirer les oiseaux.
  • Croire que les oiseaux vont « sentir » vite une nouvelle mangeoire, et la déplacer trop tôt.

En bref

  • Tous les oiseaux étudiés ont un odorat fonctionnel, de force très variable.
  • La croyance inverse remonte en partie aux expériences d’Audubon sur les vautours, dans les années 1820.
  • L’urubu à tête rouge trouve à l’odeur des charognes cachées sous les arbres et est attiré par l’éthylmercaptan du gaz naturel.
  • Le vautour fauve, lui, cherche surtout sa nourriture à vue.
  • Les kiwis sont les seuls oiseaux actuels à avoir les narines au bout du bec.
  • Albatros, pétrels et puffins suivent le sulfure de diméthyle, odeur des zones riches en plancton, que les plastiques flottants peuvent aussi dégager.
  • La mésange bleue garnit son nid d’herbes aromatiques en Corse.
  • L’odeur humaine ne pousse pas les parents à abandonner leurs petits.

Sources

Les plus lus

Questions fréquentes

Les oiseaux sentent-ils les odeurs ?

Oui. Tous les oiseaux étudiés possèdent un système olfactif fonctionnel, avec une cavité nasale, des nerfs olfactifs et un bulbe olfactif dans le cerveau. L'ancienne croyance selon laquelle les oiseaux n'ont pas d'odorat est née d'expériences anciennes sur des vautours et a été renversée par des décennies de recherche. L'importance de l'odorat varie énormément selon les espèces, des kiwis et urubus jusqu'aux passereaux.

Quel oiseau a le meilleur odorat ?

Il n'y a pas de vainqueur unique, car les espèces utilisent l'odorat pour des tâches différentes. L'urubu à tête rouge, les kiwis et les oiseaux marins à narines tubulaires, comme les albatros, les pétrels et les puffins, ont tous de grands bulbes olfactifs par rapport à la taille du cerveau et trouvent clairement leur nourriture à l'odeur. Les kiwis ont la particularité d'avoir les narines au bout du bec.

Une mère oiseau rejette-t-elle un petit touché par un humain ?

Non, c'est une légende. La plupart des passereaux ne semblent pas reconnaître leurs petits à l'odeur, et les parents sont très attachés à leur nid et à leurs poussins. Si vous trouvez un oisillon en bonne santé tombé du nid, vous pouvez le remettre délicatement en place. L'odeur humaine ne poussera pas les parents à l'abandonner.

Les oiseaux sentent-ils les graines dans la mangeoire ?

La plupart des oiseaux du jardin trouvent probablement les mangeoires surtout à vue, en observant les autres oiseaux et en mémorisant les emplacements. L'odorat joue peut-être un petit rôle chez certaines espèces, mais rien ne montre que les mésanges ou les pinsons flairent les graines comme un chien. Une nouvelle mangeoire a surtout besoin de temps pour être repérée visuellement.

Pourquoi a-t-on cru que les oiseaux n'avaient pas d'odorat ?

Dans les années 1820, le naturaliste John James Audubon a mené des expériences suggérant que les vautours trouvaient leur nourriture à vue plutôt qu'à l'odeur, et l'idée s'est répandue. Les oiseaux ont aussi de petites narines externes et, chez beaucoup d'espèces, de petits bulbes olfactifs, ce qui a renforcé cette croyance. Des recherches plus poussées, à partir du milieu du XXe siècle, ont montré le contraire.