Les oiseaux jouent-ils ? Qui joue, comment et pourquoi

Les oiseaux jouent-ils ? Oui. Le grand corbeau glisse sur la neige, le kéa lance des objets, le goéland lâche et rattrape des coquillages. Qui joue et pourquoi.

Un grand corbeau couché sur le dos dans la neige fraîche par une journée d'hiver ensoleillée (illustration IA)
Illustration générée par IA, pas une photo
Dans cet article
  1. Réponse rapide : les formes de jeu observées chez les oiseaux
  2. Comment les scientifiques décident-ils qu’un oiseau joue ?
  3. Quels oiseaux jouent ?
  4. Pourquoi les oiseaux jouent-ils ?
  5. Comment le jeu évolue-t-il avec l’âge ?
  6. Les oiseaux jouent-ils avec le vent ?
  7. Les oiseaux jouent-ils avec d’autres espèces ?
  8. Les oiseaux peuvent-ils jouer à des jeux ?
  9. Quels oiseaux sont les plus susceptibles de jouer, et pourquoi ?
  10. Les oiseaux du jardin jouent-ils ?
  11. Le jeu est-il le signe qu’un oiseau est heureux ?
  12. Idées reçues et réalités sur le jeu chez les oiseaux
  13. En bref
  14. Sources
  15. Questions fréquentes

Les oiseaux jouent-ils ? Oui, certains oiseaux jouent. Le grand corbeau glisse sur les toits enneigés et se roule dans la neige, le kéa de Nouvelle-Zélande lance des objets et se bat pour eux, et les goélands lâchent des coquillages pour les rattraper en plein vol. Le jeu est surtout fréquent chez les oiseaux intelligents et sociaux à longue enfance, en particulier les perroquets et les corvidés. Dans une étude de 2017, des kéas sauvages ont joué davantage après avoir entendu des enregistrements de leur cri de jeu.

Longtemps, on a cru le jeu presque réservé aux mammifères. Des décennies d’observations ont changé ce regard. Voici comment les scientifiques définissent le jeu, quels oiseaux jouent, à quoi cela sert et ce que vous pouvez voir au jardin.

Réponse rapide : les formes de jeu observées chez les oiseaux

Type de jeuÀ quoi il ressembleExemples
Jeu avec des objetsTransporter, lancer, lâcher, rattraper ou manipuler des objetsKéa, grand corbeau, corneilles, goélands, certains rapaces
Jeu de mouvementGlisser, se rouler, se suspendre, faire des culbutes en volGrand corbeau, corneilles, cacatoès rosalbin, craves
Jeu socialPoursuites, faux combats, tir à la corde, lutteKéa, grand corbeau, pies, perroquets
Jeu solitaireUn oiseau seul qui répète une action ludiqueCorneilles suspendues, hirondelles qui lâchent une plume

Comment les scientifiques décident-ils qu’un oiseau joue ?

Le jeu est difficile à définir, et c’est l’une des raisons pour lesquelles il a longtemps été négligé chez les oiseaux. Le cadre le plus utilisé vient du psychologue Gordon Burghardt, qui a proposé cinq critères. Un comportement est du jeu s’il :

  1. N’est pas pleinement fonctionnel. Il n’aide pas directement l’animal à survivre ou à se reproduire à ce moment-là.
  2. Est spontané et volontaire. L’animal le fait par choix, et le comportement semble souvent être sa propre récompense.
  3. Diffère de la version sérieuse. Il est exagéré, incomplet ou désordonné par rapport au vrai comportement, comme un combat sans blessure.
  4. Est répété. L’animal le refait encore et encore, souvent avec des variations.
  5. Se produit dans un contexte détendu. L’animal est en bonne santé, nourri et à l’abri de toute menace.

Un grand corbeau qui fait des culbutes pendant une poursuite territoriale ne joue pas forcément. Seul, à répétition, par un jour calme et le jabot plein, il joue très probablement.

Quels oiseaux jouent ?

Le jeu a été signalé chez une grande variété d’oiseaux, mais il se concentre dans quelques groupes.

Les perroquets : le kéa et ses cousins

Le kéa, grand perroquet montagnard de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande, est sans doute l’oiseau joueur le mieux étudié. Les jeunes kéas luttent, se roulent sur le dos, se donnent des coups de patte, lancent des objets et jouent au tir à la corde avec des bâtons. Ils examinent et démontent à peu près tout, des sacs à dos aux essuie-glaces de voiture, un trait qui les a rendus célèbres et parfois impopulaires auprès des visiteurs.

Les chercheurs ont identifié chez le kéa un « cri de jeu » particulier, une vocalisation gazouillante émise pendant le jeu. Dans une étude publiée en 2017, Raoul Schwing et ses collègues ont diffusé des enregistrements de ce cri à des kéas sauvages. Les oiseaux qui l’entendaient se mettaient à jouer davantage, parfois entre eux, parfois seuls en acrobaties aériennes, même s’ils ne jouaient pas auparavant. Les auteurs y ont vu une forme de contagion émotionnelle, une humeur joueuse qui se propage dans le groupe, un peu comme le rire chez l’humain.

D’autres perroquets jouent aussi. En Australie, les cacatoès rosalbins se balancent tête en bas sous les fils ou se roulent dans les flaques. Les perroquets de compagnie, de la perruche ondulée au gris du Gabon, jouent volontiers avec des jouets.

Grand corbeau, corneilles, geais et pies

La famille des corvidés rivalise avec les perroquets. Le grand corbeau, présent en Amérique du Nord, en Europe, dans le nord de l’Asie et dans une partie de l’Afrique, et qu’on observe en France surtout dans les massifs montagneux et sur les falaises littorales, est particulièrement connu pour :

  • Glisser sur des pentes ou des toits enneigés, parfois à plusieurs reprises, en remontant à chaque fois pour recommencer.
  • Se rouler sur le dos dans la neige.
  • Des jeux aériens, comme se retourner sur le dos en vol, se passer des bâtons entre oiseaux, lâcher et rattraper des objets en l’air.
  • Se suspendre la tête en bas à une branche par une ou deux pattes.

Une vidéo filmée en Russie en 2012 montre une corneille mantelée glissant à plusieurs reprises sur un toit enneigé, posée sur un couvercle qu’elle remonte à chaque fois. La corneille d’Amérique, la pie bavarde, le cassican flûteur d’Australie et le geai bleu d’Amérique du Nord ont tous été décrits jouant avec des objets ou entre eux. En Europe, la corneille noire, le choucas des tours, le corbeau freux et le geai des chênes font de bons candidats. Notre guide pour savoir si les corbeaux sont vraiment intelligents explique l’intelligence qui se cache derrière ces comportements.

Les rapaces

Les jeunes rapaces jouent souvent avec des objets pendant qu’ils apprennent à chasser. On a vu de jeunes faucons, buses, autours et aigles bondir sur des pommes de pin, poursuivre des feuilles, transporter des bâtons, lâcher et rattraper des objets en vol. Ce jeu ressemble beaucoup à un entraînement à la chasse.

Les goélands et autres oiseaux marins

Le goéland argenté et d’autres goélands lâchent parfois des coquillages ou des objets depuis les airs et les rattrapent avant qu’ils ne touchent le sol ou l’eau. Une partie de ce comportement relève clairement de l’alimentation, puisque les goélands lâchent les coquillages sur des surfaces dures pour les casser. Mais des études ont noté que les jeunes goélands lâchent et rattrapent aussi des objets qui ne sont pas de la nourriture, surtout par vent fort, ce qui correspond à la définition du jeu.

Les hirondelles et les martinets

Plusieurs observateurs ont décrit des hirondelles rustiques, et en Amérique des hirondelles bicolores, lâchant une plume en vol puis plongeant pour la rattraper, parfois rejointes par d’autres hirondelles dans la poursuite. Ce comportement est peut-être lié à la récolte de plumes pour garnir le nid, mais il se prolonge souvent bien au-delà de ce que la construction exigerait.

Les autres

Du jeu a aussi été signalé chez certains passereaux, des outardes et quelques limicoles, mais les preuves sont inégales : une observation isolée ne suffit pas à distinguer le jeu de l’exploration, de la parade ou de l’agression.

Pourquoi les oiseaux jouent-ils ?

Le jeu coûte de l’énergie et expose à des risques : il doit donc apporter des bénéfices. Plusieurs hypothèses, compatibles entre elles, sont étayées.

S’entraîner pour la vie adulte

Beaucoup de formes de jeu ressemblent à des compétences d’adulte : manipuler la nourriture, capturer une proie, affronter un rival, voler dans un vent difficile. L’hypothèse de l’entraînement suggère que les jeunes répètent ces gestes sans danger avant qu’ils ne deviennent vitaux. Le jeu des jeunes rapaces, qui imite souvent la chasse, colle bien à cette idée.

Apprendre à connaître le monde

Le jeu avec des objets se confond en partie avec l’exploration. En ramassant, lâchant, tirant et testant les choses, le jeune oiseau apprend ce que sont les objets, comment ils se comportent et s’ils sont utiles. Cela pourrait expliquer pourquoi les oiseaux joueurs sont aussi souvent très doués pour résoudre des problèmes.

Tisser des liens sociaux

Le jeu social chez le kéa, le grand corbeau et les perroquets aide peut-être les jeunes à apprendre les règles du groupe, à former des alliances et à pratiquer les signaux. Les faux combats sans blessure leur apprennent jusqu’où aller et comment les autres réagissent.

Développer un cerveau souple

Le jeu rendrait aussi le cerveau plus flexible face à l’imprévu : perdre l’équilibre en glissant aiderait les jeunes à apprendre à se rattraper en vol.

Le plaisir

Le jeu pourrait aussi être gratifiant en soi. L’expérience du cri de jeu chez le kéa suggère que le jeu comporte une dimension émotionnelle qui se transmet d’un oiseau à l’autre. Si jouer fait du bien, c’est peut-être la raison immédiate pour laquelle les oiseaux le font, tandis que les bénéfices à long terme expliquent pourquoi le jeu a évolué.

Comment le jeu évolue-t-il avec l’âge ?

Chez la plupart des espèces joueuses, le jeu augmente après l’envol, culmine dans les premiers mois ou la première année de vie, puis décline. Ce calendrier cadre avec les hypothèses de l’entraînement et de l’apprentissage, car c’est la période où les jeunes maîtrisent le vol, la manipulation de la nourriture et la vie sociale.

Les jeunes grands corbeaux, par exemple, passent souvent leurs premières années en groupes lâches d’oiseaux non nicheurs qui se déplacent beaucoup et se rassemblent sur les sources de nourriture et les dortoirs communs. C’est dans ces groupes de jeunes qu’une grande partie du jeu a été observée : poursuites, tirages, échanges d’objets et culbutes aériennes. Une fois installés sur un territoire et reproducteurs, les grands corbeaux jouent moins, même si les adultes le font encore parfois.

Le kéa montre le même schéma : les jeunes jouent intensément en groupe, les adultes se consacrent davantage à se nourrir et à défendre leur territoire.

Chez les perroquets de compagnie, le jeu dure toute la vie, peut-être parce que la captivité supprime la longue recherche de nourriture.

Les oiseaux jouent-ils avec le vent ?

Beaucoup d’observateurs le pensent. Les jours de vent, on voit des grands corbeaux, des corneilles, des craves à bec rouge, des goélands et des fulmars rester suspendus dans les ascendances le long des falaises et des crêtes, s’incliner, se laisser tomber puis remonter sans but apparent. Une partie relève du simple déplacement, mais quand la même descente se répète, de façon détendue, pendant de longues minutes, plusieurs critères de Burghardt sont remplis.

Le jeu dans le vent aiderait les jeunes à contrôler leur vol dans la turbulence, une compétence vitale. En France, les craves à bec rouge des falaises bretonnes et des Alpes, les chocards à bec jaune en montagne et les grands corbeaux des Pyrénées sont particulièrement plaisants à observer par jour de rafales. Sur le littoral, les jeunes goélands qui s’exercent à lâcher et rattraper dans le vent offrent un spectacle comparable.

Les oiseaux jouent-ils avec d’autres espèces ?

Parfois, et ces cas comptent parmi les plus frappants. Des grands corbeaux ont été décrits interagissant avec des loups, en Amérique du Nord comme en Europe, d’une façon qui semble ludique : tirer la queue, sautiller tout près puis s’éloigner d’un bond, se faire poursuivre sans véritable attaque. Les corbeaux suivent les loups pour profiter des carcasses, et ces taquineries servent peut-être à tester jusqu’où s’approcher sans risque. Mais le caractère détendu et répété de certaines rencontres ressemble bien à du jeu.

Quand corneilles et pies tirent la queue des chats ou fondent sur les chiens, il s’agit le plus souvent de harcèlement défensif contre un prédateur potentiel, dicté par la prudence plutôt que par l’amusement.

Les oiseaux peuvent-ils jouer à des jeux ?

Certains jeux d’oiseaux sont assez structurés pour ressembler à de vrais jeux. On a vu des grands corbeaux se relayer pour lâcher et rattraper des bâtons en vol, l’un lâchant et l’autre rattrapant. Les kéas jouent au tir à la corde avec un va-et-vient bien net. Les jeunes corneilles se poursuivent parfois autour d’un arbre en échangeant le rôle de meneur.

Les scientifiques n’affirment pas que les oiseaux suivent des règles au sens humain. Mais ces échanges montrent qu’ils savent coordonner le jeu avec un partenaire et reconnaître des signaux de jeu, comme le cri du kéa ou certaines postures chez les corvidés.

Quels oiseaux sont les plus susceptibles de jouer, et pourquoi ?

Une synthèse comparative de Judy Diamond et Alan Bond, qui ont étudié le kéa pendant de nombreuses années, a montré que le jeu chez les oiseaux se concentre dans quelques familles, surtout les perroquets et les corvidés, avec des mentions éparses ailleurs. D’un groupe à l’autre, le jeu apparaît chez des espèces qui partagent certains traits :

  • Un cerveau volumineux par rapport à la taille du corps.
  • Une longue période juvénile, les jeunes restant dépendants de leurs parents ou près d’eux pendant des semaines ou des mois.
  • Une alimentation complexe et variée qui demande de l’apprentissage, comme extraire la nourriture ou exploiter des charognes.
  • Une vie sociale en groupes ou en familles.
  • Une grande longévité, qui rend rentable l’apprentissage précoce.

Ce sont les mêmes traits que ceux associés à l’intelligence et à la résolution de problèmes. Un fringille granivore qui vit deux ans et apprend l’essentiel en quelques semaines a moins à gagner au jeu qu’un grand corbeau qui peut vivre plusieurs décennies.

Les oiseaux du jardin jouent-ils ?

Certains, oui, même si une bonne part de ce qui ressemble à du jeu à la mangeoire est une affaire sérieuse. Voici comment faire la différence.

Les signes qu’un oiseau joue peut-être

  1. L’action se répète sans but clair. Une corneille lâche une brindille, la rattrape, la relâche.
  2. L’oiseau est détendu. Pas de cris d’alarme, pas de menace évidente.
  3. C’est un jeune. Les juvéniles jouent plus que les adultes. Notre guide pour comprendre le comportement des oiseaux explique comment repérer les jeunes à leur comportement.
  4. Les règles semblent souples. Les poursuites changent de sens, les rôles s’inversent, personne n’est blessé.

Ce qui ressemble à du jeu mais n’en est généralement pas

  • Les poursuites à la mangeoire. Le plus souvent une compétition pour la nourriture ou le territoire.
  • Se rouler dans la poussière ou la terre. C’est normalement un bain de poussière, un comportement d’entretien du plumage expliqué dans notre guide sur pourquoi les oiseaux prennent des bains de poussière.
  • Rester étalé au sol, ailes ouvertes. Souvent un bain de soleil. Voir pourquoi les oiseaux prennent le soleil.
  • Se frotter les plumes avec des fourmis. C’est le « fourmillage », décrit dans notre guide sur ce qu’est le fourmillage chez les oiseaux.
  • Les culbutes en vol au printemps. Souvent des parades nuptiales, surtout chez les pigeons, le vanneau huppé et certains rapaces.

Les oiseaux à surveiller pour voir du jeu

En France, en Belgique et ailleurs en Europe, observez la corneille noire, la corneille mantelée, le corbeau freux, le choucas des tours, la pie bavarde, le geai des chênes et, en montagne ou sur les côtes, le grand corbeau et les craves. Au Canada, la corneille d’Amérique, le grand corbeau et le geai bleu sont vos meilleures chances. Partout, les goélands d’une plage venteuse méritent aussi qu’on s’y attarde.

Guetter le jeu est aussi un bon moyen d’intéresser les enfants au comportement des oiseaux. Notre guide pour observer les oiseaux avec des enfants propose des idées pour garder les jeunes observateurs motivés.

Le jeu est-il le signe qu’un oiseau est heureux ?

Le jeu est l’un des meilleurs indices dont nous disposons sur les états positifs chez les animaux, et les spécialistes du bien-être animal l’utilisent de plus en plus dans ce sens. Comme le jeu survient surtout quand l’animal est en sécurité, nourri et en bonne santé, un oiseau qui joue n’est au moins ni stressé, ni affamé, ni malade à ce moment-là. L’étude sur le kéa complète ce tableau, puisqu’une humeur joueuse semblait se propager entre oiseaux, comme la bonne humeur entre personnes.

La prudence reste de mise : nous ne savons pas exactement ce que ressent un oiseau, et l’absence de jeu ne signifie pas qu’il est malheureux. Chez un oiseau de compagnie, en revanche, une perte soudaine d’intérêt pour les jouets peut être un signe précoce de maladie ou de stress. Pour les oiseaux sauvages, voir du jeu est un petit cadeau : la preuve que, pour l’instant du moins, ces oiseaux ont de la nourriture, de la sécurité et du temps devant eux.

Idées reçues et réalités sur le jeu chez les oiseaux

Idée reçue : seuls les mammifères jouent. Réalité : le jeu est bien documenté chez les oiseaux, surtout les perroquets et les corvidés, et il a même été évoqué chez certains reptiles et poissons.

Idée reçue : si un oiseau fait quelque chose de bizarre, c’est qu’il joue. Réalité : beaucoup de comportements étranges, comme le fourmillage, le bain de soleil ou les vols nuptiaux, ont des fonctions précises.

Idée reçue : les oiseaux de compagnie n’ont pas besoin de jouer. Réalité : les vétérinaires aviaires et les associations de bien-être animal jugent les jouets et l’enrichissement alimentaire importants pour les perroquets et autres oiseaux de compagnie. L’ennui peut entraîner du picage et du stress.

Idée reçue : les oiseaux adultes ne jouent jamais. Réalité : le jeu est plus fréquent chez les juvéniles, mais les kéas, grands corbeaux et perroquets adultes jouent aussi.

En bref

  • Les scientifiques utilisent des critères comme les cinq tests de Burghardt pour définir le jeu.
  • Les perroquets et les corvidés sont les oiseaux les plus joueurs.
  • Le kéa possède un cri de jeu qui pousse les autres kéas à jouer.
  • Grands corbeaux et corneilles glissent sur la neige, se suspendent la tête en bas et lancent des objets en vol.
  • Les jeunes rapaces s’entraînent à chasser en jouant avec des objets.
  • Le jeu est associé à un gros cerveau, une longue enfance et une vie sociale.
  • Une grande partie du « jeu » à la mangeoire est en fait de la compétition, un bain de poussière ou un bain de soleil.

Sources

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Questions fréquentes

Les oiseaux jouent-ils vraiment ?

Oui, certains oiseaux jouent sans ambiguïté. Le jeu a été décrit chez les corbeaux, corneilles, geais, pies, chez des perroquets comme le kéa, chez certains rapaces, chez les goélands et quelques autres. On distingue le jeu avec des objets, lancer ou lâcher des brindilles, le jeu de mouvement, glissades et vrilles en vol, et le jeu social, poursuites et faux combats. Il est surtout fréquent chez les jeunes d'espèces intelligentes et sociales.

Comment les scientifiques savent-ils qu'un oiseau joue ?

Les chercheurs s'appuient sur des critères comme ceux du psychologue Gordon Burghardt. Le jeu est un comportement sans utilité immédiate évidente, pratiqué volontairement, différent de sa version sérieuse, répété, et qui survient quand l'animal est détendu, nourri et en sécurité. Un comportement qui remplit ces cinq conditions est en général considéré comme du jeu.

Quels oiseaux jouent le plus ?

Les perroquets et les corvidés sont les plus joueurs. Le kéa de Nouvelle-Zélande est célèbre pour cela, et les grands corbeaux, corneilles, pies et geais jouent avec des objets et entre eux. Les études comparant les familles d'oiseaux suggèrent que le jeu est plus fréquent chez les espèces au cerveau volumineux par rapport à leur taille et à longue période d'apprentissage juvénile.

Pourquoi les oiseaux jouent-ils ?

Les principales hypothèses sont que le jeu aide les jeunes à s'entraîner à des gestes utiles plus tard, manipuler la nourriture, voler dans le vent ou se battre, et à découvrir les objets et les partenaires sociaux. Le jeu pourrait aussi rendre le cerveau plus souple. Certains chercheurs pensent enfin que jouer procure simplement du plaisir, une récompense qui pousse à explorer.

Les oiseaux du jardin jouent-ils ?

Certains, oui. Corneilles, pies et geais peuvent transporter, lâcher ou tirer des objets, les hirondelles lâchent parfois une plume en vol pour la rattraper, et les jeunes de nombreuses espèces se poursuivent d'une façon qui semble ludique. Mais une grande partie de ce qui ressemble à du jeu à la mangeoire est en réalité de la compétition alimentaire ou de la défense de territoire.