Distance de migration des oiseaux : jusqu'où partent-ils ?
Distance de migration des oiseaux : de quelques km en montagne à plus de 70 000 km par an pour la sterne arctique. Records, vols sans escale et carburant.

Dans cet article
- En bref : jusqu’où migrent les oiseaux
- Quels sont les grands types de migration selon la distance ?
- Jusqu’où migrent les oiseaux du jardin ?
- Jusqu’où migrent les passereaux ?
- Quels oiseaux migrent le plus loin ?
- Comment migrent les oiseaux en Europe, en Asie et en Amérique du Sud ?
- Quelle distance un oiseau parcourt-il en un jour ou une nuit ?
- Comment les oiseaux alimentent-ils de si longs voyages ?
- À quelle altitude et à quelle vitesse migrent les oiseaux ?
- Pourquoi certains oiseaux migrent-ils beaucoup plus loin que d’autres ?
- Comment les scientifiques mesurent-ils la distance de migration ?
- Idées reçues sur la distance de migration
- Ce que cela change pour l’observateur au jardin
- En résumé
- Sources
- Questions fréquentes
Les oiseaux migrent sur quelques kilomètres seulement ou sur plus de 70 000 km par an. Certains oiseaux de montagne se contentent de descendre dans la vallée pour l’hiver, beaucoup d’oiseaux de nos jardins parcourent quelques centaines à quelques milliers de kilomètres, et une poignée de voyageurs extrêmes, comme la sterne arctique, couvrent chaque année l’équivalent de plus d’un tour et demi de la Terre.
L’écart est si grand parce que le mot « migration » recouvre des stratégies très différentes. Ce guide présente les grandes catégories de distance, les records, la distance parcourue en une seule étape et la façon dont les oiseaux y parviennent, avec des exemples d’Europe, d’Afrique, d’Asie, des Amériques et d’Océanie.
En bref : jusqu’où migrent les oiseaux
- Le plus court : les migrateurs altitudinaux ne se déplacent parfois que de quelques kilomètres, de la montagne vers la vallée.
- Courte distance : de nombreuses espèces de jardin se déplacent de quelques centaines de kilomètres entre les saisons.
- Moyenne et longue distance : beaucoup de passereaux parcourent 1 500 à 8 000 km dans chaque sens entre l’Europe et l’Afrique.
- Plus longue distance annuelle : environ 71 000 km par an en moyenne pour la sterne arctique, selon une grande étude de suivi.
- Plus long vol sans escale : une barge rousse suivie en 2022 a volé environ 13 500 km de l’Alaska vers la Tasmanie sans se poser.
- Voyage nocturne : la majorité des passereaux migrateurs voyagent de nuit.
- Carburant : avant une grande traversée, certains migrateurs doublent presque leur poids en graisse.
Quels sont les grands types de migration selon la distance ?
Les ornithologues classent souvent les migrateurs en grandes catégories. Elles ne sont pas rigides et beaucoup d’espèces se situent entre deux, mais elles aident à comprendre les chiffres.
| Type | Distance typique | Exemples |
|---|---|---|
| Altitudinale | Quelques kilomètres, surtout en dénivelé | Tichodrome échelette, niverolle alpine, accenteur alpin ; nombreux oiseaux de l’Himalaya et des Andes |
| Courte distance | Quelques dizaines à quelques centaines de km | Rougegorge familier et merle noir (certaines populations), pinson des arbres du nord de l’Europe |
| Moyenne distance | Quelques centaines à environ 2 500 km | Pouillot véloce, fauvette à tête noire, grue cendrée, nombreux canards |
| Longue distance | 2 500 à plus de 10 000 km dans chaque sens | Hirondelle rustique, martinet noir, coucou gris, cigogne blanche, traquet motteux |
| Distance extrême | 15 000 à plus de 80 000 km par an | Sterne arctique, puffin fuligineux, barge rousse |
| Irruptive ou nomade | Irrégulière, parfois des centaines de km | Bec-croisé des sapins, jaseur boréal, sizerin, casse-noix moucheté |
Jusqu’où migrent les oiseaux du jardin ?
Beaucoup d’oiseaux que vous voyez à la mangeoire migrent moins qu’on ne le pense.
Les sédentaires qui bougent à peine. En France, la mésange charbonnière, la sittelle torchepot, le pic épeiche ou le moineau domestique restent en général près de leur territoire toute l’année. Ce sont eux qui assurent l’essentiel de l’activité aux mangeoires en hiver.
Les migrateurs partiels. Le rougegorge familier illustre bien la complexité du sujet. On en voit en France toute l’année, mais une partie des nicheurs du nord et de l’est de l’Europe descend vers l’ouest et le sud pour l’hiver. Le rougegorge qui défend votre jardin en janvier n’est donc pas forcément celui qui y a niché au printemps.
Les migrateurs à courte et moyenne distance. Le pouillot véloce et la fauvette à tête noire hivernent pour beaucoup dans le sud de l’Europe et en Afrique du Nord. Les grues cendrées qui traversent la France en grands vols bruyants à l’automne vont surtout passer l’hiver en Espagne, même si un nombre croissant reste désormais en France.
Les grands voyageurs. L’hirondelle rustique et le martinet noir qui nichent sous nos toits passent l’hiver en Afrique subsaharienne, à plusieurs milliers de kilomètres.
Au Québec et en Amérique du Nord, le schéma est comparable. Le junco ardoisé qui niche dans la forêt boréale descend souvent vers les États-Unis pour l’hiver, le bruant à gorge blanche quitte la forêt boréale à l’automne, et le merle d’Amérique est un migrateur partiel dont les hivernants suivent les fruits disponibles. Le colibri à gorge rubis, qui pèse à peu près le poids d’une pièce de monnaie, gagne le Mexique et l’Amérique centrale ; beaucoup traverseraient le golfe du Mexique d’une traite, soit environ 800 km.

Et les colibris en Europe ?
Les colibris sauvages ne vivent que sur le continent américain, de l’Alaska à la Terre de Feu. Aucun colibri ne migre vers l’Europe et aucun ne fréquente les jardins français. L’insecte que beaucoup de lecteurs prennent pour un colibri devant les fleurs de lavande ou de jasmin est le moro-sphinx, un papillon diurne qui vole sur place en butinant avec sa longue trompe.
Jusqu’où migrent les passereaux ?
Entre l’Europe et l’Afrique, des trajets de 3 000 à 10 000 km dans chaque sens sont courants pour les passereaux insectivores.
L’hirondelle rustique relie les zones de nidification d’Europe aux quartiers d’hiver d’Afrique subsaharienne ; les oiseaux britanniques hivernent jusqu’en Afrique du Sud, un voyage de près de 10 000 km. Le traquet motteux, petit passereau proche des tariers, réalise l’une des plus longues migrations connues chez un passereau : les oiseaux nichant en Alaska hivernent en Afrique de l’Est en traversant l’Asie, tandis que ceux de l’est du Canada et du Groenland franchissent l’Atlantique Nord pour rejoindre l’Afrique de l’Ouest. Les suivis ont montré que les oiseaux d’Alaska parcourent environ 14 500 km dans chaque sens.
Côté américain, la paruline rayée est l’un des cas les plus remarquables. Ce petit passereau niche dans les forêts boréales de l’Alaska et du Canada. À l’automne, beaucoup rejoignent d’abord le nord-est des États-Unis et les provinces atlantiques, puis s’élancent au-dessus de l’océan Atlantique vers les Antilles et le nord de l’Amérique du Sud. Une étude de 2015 utilisant de minuscules géolocalisateurs a confirmé des vols océaniques sans escale d’environ 2 300 à 2 700 km, sur deux à trois jours. Pour un oiseau d’une douzaine de grammes, c’est un effort extraordinaire.
Quels oiseaux migrent le plus loin ?
Le club des distances extrêmes est dominé par les oiseaux marins et les limicoles, qui peuvent se nourrir en mer ou se ravitailler dans de riches zones humides et profiter des vents au-dessus des océans. Nous détaillons les records dans notre guide sur l’oiseau qui migre le plus loin, mais voici les chiffres clés.
La sterne arctique
La sterne arctique niche autour de l’Arctique et des régions subarctiques, et passe l’hiver boréal dans l’océan Austral, près de l’Antarctique. Dans une étude publiée en 2010, des chercheurs ont équipé de minuscules géolocalisateurs des sternes nichant au Groenland et en Islande : l’aller-retour moyen atteignait environ 71 000 km. Les oiseaux ne volaient pas en ligne droite mais suivaient des trajets sinueux en forme de S qui semblent tirer parti des vents dominants. Une étude ultérieure sur des sternes nichant aux Pays-Bas a mesuré des trajets annuels encore plus longs, autour de 90 000 km.
Le puffin fuligineux
Le puffin fuligineux niche sur des îles autour de la Nouvelle-Zélande et de l’Amérique du Sud, et passe l’hiver austral dans le Pacifique Nord ou l’Atlantique Nord. Une étude de 2006 sur des oiseaux néo-zélandais a montré qu’ils décrivaient un immense huit à travers le Pacifique, soit environ 64 000 km en un an.

La barge rousse
Les barges rousses de la sous-espèce qui niche en Alaska réalisent les plus longs vols sans escale connus chez un oiseau. À l’automne, elles traversent directement le Pacifique vers la Nouvelle-Zélande et l’est de l’Australie. En 2022, une jeune barge équipée d’une balise satellite a parcouru environ 13 500 km de l’Alaska à la Tasmanie en onze jours environ, sans s’arrêter. Le voyage de printemps vers le nord est plus long au total, car il comprend une halte dans la région de la mer Jaune, en Asie de l’Est.
Comment migrent les oiseaux en Europe, en Asie et en Amérique du Sud ?
La migration est un phénomène mondial, organisé le long de grands couloirs appelés voies de migration.
Afrique-Eurasie. Des milliards d’oiseaux circulent chaque année entre l’Europe, l’Asie occidentale et l’Afrique. Beaucoup doivent franchir la Méditerranée et le Sahara, une double barrière de plus de 2 000 km sur certains trajets. Les grands planeurs comme la cigogne blanche, le milan noir ou la bondrée apivore évitent la pleine mer et se concentrent aux passages étroits, surtout le détroit de Gibraltar à l’ouest et le Bosphore en Turquie à l’est. En France, des sites comme le col d’Organbidexka au Pays basque ou la pointe de Grave en Gironde sont réputés pour le suivi de ces passages. Le coucou gris a été suivi par balise depuis la Grande-Bretagne jusqu’en Afrique centrale, un voyage de plusieurs milliers de kilomètres dans chaque sens, avec des itinéraires différents d’un individu à l’autre.
Le martinet noir mérite une mention particulière. Après avoir quitté l’Europe, il passe la saison internuptiale au-dessus de l’Afrique, et une étude de 2016 utilisant des enregistreurs a montré que certains martinets restaient en l’air environ 10 mois d’affilée, se nourrissant et semblant même dormir en vol. Sur une vie, la distance totale parcourue par un martinet est énorme, même si son trajet migratoire n’est pas le plus long.
Asie de l’Est-Australasie. Les limicoles nichant en Sibérie et en Alaska rejoignent l’Asie du Sud-Est, l’Australie et la Nouvelle-Zélande en s’appuyant sur les vasières de la mer Jaune pour se ravitailler.
Quelle distance un oiseau parcourt-il en un jour ou une nuit ?
La distance totale ne dit pas tout. La longueur d’une étape dépend de la stratégie de l’oiseau.
Les passereaux volent en général de nuit, souvent plusieurs heures, puis se posent à l’aube pour se reposer et se nourrir. Une nuit de vol peut représenter quelques centaines de kilomètres. Ils passent ensuite un ou plusieurs jours en halte migratoire avant l’étape suivante. À cause de ces arrêts, la progression globale est bien plus lente que ne le suggère leur vitesse de vol. Selon le projet BirdCast, qui utilise les radars météo pour prévoir la migration en Amérique du Nord, plus de 80 % des espèces migratrices y voyagent de nuit, et la situation est comparable en Europe.
Les planeurs, comme les buses, aigles, cigognes et vautours, migrent de jour. Ils montent dans les colonnes d’air chaud appelées thermiques puis glissent de l’une à l’autre en battant très peu des ailes. Ils suivent souvent les côtes et les reliefs et évitent les longues traversées maritimes.
Les oies, grues et canards volent souvent par longues étapes de jour comme de nuit, parfois dans les formations bien connues expliquées dans notre guide sur le vol en V.
Les spécialistes du vol sans escale, comme les barges, certains puffins et la paruline rayée au-dessus de l’Atlantique, volent sans interruption pendant plusieurs jours. Les barges rousses qui traversent le Pacifique peuvent couvrir plus de 1 000 km par jour pendant plus d’une semaine.

Comment les oiseaux alimentent-ils de si longs voyages ?
Parcourir des milliers de kilomètres demande de l’énergie, et les oiseaux la transportent sous forme de graisse, le carburant le plus concentré disponible.
- L’hyperphagie. Avant la migration, beaucoup d’oiseaux entrent dans une phase d’alimentation intense. Certains passereaux prennent du poids très vite, en stockant de la graisse sous la peau et autour des organes.
- Un poids presque doublé. Les migrateurs au long cours sans escale, comme la paruline rayée ou la barge rousse, peuvent presque doubler leur poids avant le départ.
- Des organes qui rétrécissent. Des recherches sur la barge rousse ont montré qu’avant la traversée du Pacifique, ses organes digestifs diminuent, ce qui réduit le poids à transporter. Ils se reconstituent après l’arrivée.
- Brûler graisse et muscle. En vol, les oiseaux brûlent surtout de la graisse, avec un peu de protéines.
- Se ravitailler en route. Beaucoup de migrateurs dépendent d’habitats de qualité le long du trajet, des zones humides côtières aux haies et arbres de jardin riches en insectes et en baies.
À quelle altitude et à quelle vitesse migrent les oiseaux ?
Altitude. Les études radar montrent que la plupart des passereaux migrent de nuit à quelques centaines ou quelques milliers de mètres, en général sous 3 000 m, en choisissant l’altitude où les vents sont les plus favorables. Certaines espèces montent bien plus haut. L’oie à tête barrée franchit l’Himalaya, et le suivi de passereaux traversant le Sahara a enregistré des vols de jour nettement au-dessus de 5 000 m, apparemment pour éviter la chaleur et trouver des vents porteurs.
Vitesse. Beaucoup de petits passereaux volent à environ 30 à 50 km/h par air calme, tandis que limicoles et canards volent souvent plus vite. Le vent arrière aide énormément : les migrateurs calent souvent leur départ sur les vents qui suivent le passage d’un front.
Pourquoi certains oiseaux migrent-ils beaucoup plus loin que d’autres ?
La distance reflète un équilibre entre coûts et bénéfices.
- La nourriture. Les insectivores qui nichent dans les forêts du nord ne trouvent pas assez de nourriture en hiver et doivent partir loin au sud. Les granivores et les oiseaux capables de changer de régime, comme les mésanges, peuvent souvent rester.
- Les conditions de reproduction. Les longues journées d’été et l’explosion d’insectes du Grand Nord offrent une saison très riche pour élever les jeunes.
- La concurrence. Gagner des zones de nidification moins peuplées réduit la compétition pour la nourriture et les sites de nid.
- L’histoire évolutive. Les trajets reflètent souvent la façon dont l’espèce s’est répandue. Les traquets motteux d’Alaska retournent toujours en Afrique, sur les traces de l’expansion de leurs ancêtres, au lieu d’hiverner en Amérique.
- Des routes qui changent. Depuis quelques décennies, une partie des fauvettes à tête noire d’Europe centrale hiverne en Grande-Bretagne et en Irlande au lieu de descendre vers la péninsule Ibérique, un changement de route bien documenté par les chercheurs allemands.

Comment les scientifiques mesurent-ils la distance de migration ?
Nos connaissances ont énormément progressé en vingt ans.
- Le baguage. Poser des bagues numérotées aux pattes des oiseaux et les relire plus tard se pratique depuis plus d’un siècle. En France, il est coordonné par le Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux (CRBPO) du Muséum national d’Histoire naturelle. Le baguage indique les points de départ et d’arrivée, pas le trajet.
- Le radar. Les radars météorologiques détectent de nuit les grandes vagues de migrateurs, ce qui montre quand et où la migration a lieu.
- Les géolocalisateurs. Ces minuscules enregistreurs de lumière notent la durée du jour et l’heure du lever et du coucher, ce qui permet d’estimer la position. Il faut récupérer l’oiseau pour lire les données.
- Les balises satellite et GPS. Les oiseaux plus grands peuvent porter des balises qui transmettent leur position en temps réel ; c’est ainsi que les vols des barges ont été suivis.
- La radiotélémétrie automatisée. Des réseaux comme Motus utilisent des stations réceptrices pour détecter de minuscules émetteurs sur les petits oiseaux, les chauves-souris et les insectes.
Beaucoup de ces études révèlent aussi comment les oiseaux s’orientent, un sujet traité dans comment les oiseaux savent où migrer.
Idées reçues sur la distance de migration
Idée reçue : les oiseaux partent vers le sud d’une seule traite. En réalité, la plupart des passereaux migrent par étapes, en volant de nuit et en s’arrêtant plusieurs jours pour refaire leurs réserves.
Idée reçue : les petits oiseaux voyagent sur le dos des cigognes ou des oies. Aucune preuve ne soutient cette vieille légende. Les petits oiseaux migrent par leurs propres moyens.
Idée reçue : tous les individus d’une espèce migrent sur la même distance. Les distances varient souvent selon la population, l’âge et le sexe. Certains individus partent, d’autres restent.
Idée reçue : nourrir les oiseaux à l’automne les empêche de migrer. La migration est déclenchée surtout par la durée du jour et des rythmes internes, pas par la nourriture disponible à une mangeoire.
Ce que cela change pour l’observateur au jardin
- Laissez de l’eau et de la nourriture adaptée en automne et au printemps. Les migrateurs de passage utilisent les ressources des jardins pour se ravitailler entre deux vols.
- Plantez des arbustes et arbres locaux. Aubépine, sureau, cornouiller sanguin ou lierre nourrissent insectes et oiseaux en halte bien mieux qu’une pelouse.
- Surveillez la météo. Les belles nuits de migration suivent souvent le passage d’un front froid à l’automne et les vents doux du sud au printemps.
- Éteignez les éclairages extérieurs inutiles. La lumière artificielle peut désorienter les migrateurs nocturnes, surtout en ville.
- Partagez vos observations. Transmettre vos listes à eBird ou aux bases naturalistes régionales, comme celles animées par la LPO, alimente les données qui servent à suivre les dates et les distances de migration. Notre guide eBird explique comment faire.
En résumé
Les oiseaux migrent de quelques kilomètres à plus de 70 000 km par an. La plupart des espèces de jardin parcourent des distances modestes, beaucoup de passereaux font plusieurs milliers de kilomètres dans chaque sens entre l’Europe et l’Afrique, et quelques oiseaux marins et limicoles repoussent les limites du possible en traversant des océans entiers sans se poser. Les outils de suivi modernes révèlent sans cesse des voyages plus longs que prévu : les records actuels ne tiendront peut-être pas longtemps.
Sources
- LPO, Ligue pour la Protection des Oiseaux
- Muséum national d’Histoire naturelle
- Cornell Lab of Ornithology, All About Birds : paruline rayée (Blackpoll Warbler)
- Egevang et al. 2010, Tracking of Arctic Terns reveals longest animal migration, PNAS
- Shaffer et al. 2006, Migratory shearwaters integrate oceanic resources across the Pacific Ocean, PNAS
- BirdCast : prévisions et cartes de migration
Questions fréquentes
Quelle distance parcourt en moyenne un oiseau migrateur ?
Il n'existe pas de moyenne vraiment utile, car les distances vont de quelques kilomètres à plusieurs dizaines de milliers. Beaucoup d'oiseaux de jardin sont des migrateurs partiels ou à courte distance qui se déplacent de quelques centaines de kilomètres. Les passereaux qui hivernent en Afrique subsaharienne, comme l'hirondelle rustique, parcourent souvent 4 000 à 10 000 km dans chaque sens.
Quel oiseau migre le plus loin ?
La sterne arctique est généralement citée comme l'oiseau à la plus longue migration annuelle. Des sternes suivies depuis le Groenland et l'Islande ont parcouru en moyenne environ 71 000 km aller-retour, et une étude ultérieure sur des oiseaux nicheurs aux Pays-Bas a mesuré près de 90 000 km. La barge rousse détient le record du plus long vol sans escale connu, plus de 13 000 km.
Combien de kilomètres un oiseau migrateur fait-il par jour ?
Cela dépend de l'espèce. Beaucoup de petits passereaux volent quelques centaines de kilomètres en une nuit, puis se reposent et se nourrissent un ou plusieurs jours, si bien que leur progression moyenne est plus lente. Les limicoles qui traversent un océan sans escale peuvent couvrir plus de 1 000 km par jour pendant plus d'une semaine, sans jamais se poser.
Jusqu'où migrent les colibris ?
Les colibris sauvages ne vivent que sur le continent américain. Le colibri à gorge rubis, présent au Québec et dans l'est de l'Amérique du Nord, gagne le Mexique et l'Amérique centrale, et beaucoup traverseraient le golfe du Mexique d'une traite, soit environ 800 km. Le colibri roux voyage de l'Alaska jusqu'au Mexique, une des plus longues migrations au regard de sa taille.
Tous les oiseaux migrent-ils ?
Non. En France, la mésange charbonnière, le moineau domestique, la sittelle torchepot ou le pic épeiche sont surtout sédentaires. D'autres espèces sont des migrateurs partiels : certaines populations partent, d'autres restent. Quelques espèces, comme le bec-croisé des sapins ou le jaseur boréal, se déplacent de façon irrégulière selon la nourriture disponible plutôt que selon un calendrier fixe.
À quelle altitude volent les oiseaux migrateurs ?
La plupart des passereaux migrateurs volent à quelques centaines ou quelques milliers de mètres, souvent sous 3 000 m, en choisissant l'altitude où les vents sont favorables. Certains montent beaucoup plus haut. L'oie à tête barrée franchit l'Himalaya, et des suivis ont enregistré des migrateurs au-dessus de 5 000 m, surtout en traversant les déserts.