Quel oiseau migre le plus loin ?

Quel oiseau migre le plus loin ? La sterne arctique, environ 71 000 km par an. La barge rousse détient le record du vol sans escale. Les champions expliqués.

Une sterne arctique en vol au-dessus d'une mer bleue et froide, la longue queue fourchue déployée (illustration IA)
Illustration générée par IA, pas une photo
Dans cet article
  1. En bref : les records de la migration
  2. Pourquoi est-il difficile de définir « le plus loin » ?
  3. Pourquoi la sterne arctique est-elle la championne de la migration ?
  4. Quel oiseau vole le plus loin sans s’arrêter ?
  5. Et le puffin fuligineux ?
  6. Quel passereau migre le plus loin ?
  7. Quel oiseau migre le plus loin par rapport à sa taille ?
  8. Quel oiseau passe le plus de temps en vol ?
  9. Quels autres oiseaux font des voyages extrêmes ?
  10. Comment les scientifiques mesurent-ils ces records ?
  11. Idées reçues et réalités sur les plus longues migrations
  12. Pourquoi ces grands migrateurs concernent-ils les observateurs au jardin ?
  13. En résumé
  14. Sources
  15. Questions fréquentes

Quel oiseau migre le plus loin ? La sterne arctique, plus loin que tout autre oiseau connu. Les études de suivi montrent qu’elle parcourt en moyenne environ 71 000 km par an entre ses sites de nidification arctiques et les abords de l’Antarctique, et certaines populations vont encore plus loin. Mais tout dépend de la façon de mesurer : la barge rousse détient le record du plus long vol sans escale, et quelques petits passereaux et colibris accomplissent les plus longs voyages par rapport à leur taille.

Pour une vue d’ensemble des distances habituelles, consultez notre guide sur la distance parcourue par les oiseaux migrateurs.

En bref : les records de la migration

  • Plus longue migration annuelle : sterne arctique, environ 71 000 km en moyenne dans une grande étude, jusqu’à environ 90 000 km dans une autre.
  • Plus long vol sans escale : barge rousse, environ 13 500 km de l’Alaska à la Tasmanie en une onzaine de jours.
  • Grand voyageur des mers : puffin fuligineux, environ 64 000 km par an en boucle en forme de huit dans le Pacifique.
  • Passereau grand migrateur : traquet motteux, environ 14 500 km dans chaque sens entre l’Alaska et l’Afrique de l’Est.
  • Plus long voyage par rapport à la taille : le colibri roux est souvent cité.
  • Plus long séjour dans les airs : martinet noir, dont certains individus volent environ 10 mois sans se poser.

Pourquoi est-il difficile de définir « le plus loin » ?

Il existe au moins quatre façons raisonnables de classer les migrations, et chacune donne un gagnant différent.

CritèreDétenteur du recordOrdre de grandeur
Distance totale sur une annéeSterne arctique71 000 à 90 000 km
Vol unique sans escaleBarge rousseEnviron 13 500 km
Distance rapportée à la tailleColibri roux (souvent cité)Plusieurs milliers de km pour un oiseau de 8 à 9 cm
Temps passé en vol continuMartinet noirEnviron 10 mois
Distance chez un passereauTraquet motteuxEnviron 14 500 km dans chaque sens

Les records dépendent aussi des espèces suivies : les balises ne sont assez légères que depuis une vingtaine d’années, et chaque étude peut changer le classement.

Pourquoi la sterne arctique est-elle la championne de la migration ?

Où migre la sterne arctique ?

La sterne arctique niche dans l’Arctique et les régions subarctiques d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie : Alaska, Canada, Groenland, Islande, Scandinavie, îles Britanniques et nord de la Russie. Après la reproduction, elle descend vers le sud pour passer l’hiver boréal dans l’océan Austral autour de l’Antarctique, puis remonte au nord au printemps suivant.

En France, on l’observe surtout en migration, au large ou depuis les caps et les digues de la Manche et de l’Atlantique, parfois mêlée aux sternes pierregarins, qui lui ressemblent beaucoup.

Elle vit ainsi deux étés polaires par an, et voit sans doute plus de lumière du jour que tout autre animal.

Quelle distance parcourt vraiment la sterne arctique ?

Les anciennes estimations, fondées sur la distance en ligne droite, donnaient environ 40 000 km par an. Les géolocalisateurs ont révélé un chiffre bien plus élevé.

Une étude de référence publiée en 2010 dans les Proceedings of the National Academy of Sciences a suivi des sternes arctiques du Groenland et d’Islande. Les oiseaux ont parcouru en moyenne environ 71 000 km sur un an, et certains individus davantage. Au lieu de voler en ligne droite, ils suivaient de longs trajets en S le long de l’Atlantique, en profitant des grands régimes de vents. Beaucoup faisaient aussi une halte de plusieurs semaines dans une zone d’alimentation riche de l’Atlantique Nord avant de poursuivre vers le sud.

Une étude plus récente sur des sternes arctiques nichant aux Pays-Bas a mesuré des trajets annuels d’environ 90 000 km. Ces oiseaux empruntaient une autre route : ils longeaient la côte africaine, traversaient l’océan Indien et passaient près de l’Australie avant d’atteindre les eaux antarctiques.

Quelle distance une sterne arctique parcourt-elle dans sa vie ?

Les sternes arctiques peuvent vivre longtemps. Les données de baguage montrent des oiseaux sauvages de plus de 30 ans. Si une sterne parcourt des dizaines de milliers de kilomètres chaque année pendant des décennies, son total peut dépasser le million de kilomètres. Les auteurs de l’étude de 2010 ont estimé qu’une sterne de 30 ans pourrait parcourir environ 2,4 millions de km, soit à peu près trois allers-retours vers la Lune. C’est une estimation fondée sur des distances annuelles moyennes, pas un trajet mesuré sur toute une vie, mais elle donne une idée de l’échelle.

Comment un petit oiseau de mer peut-il voler si loin ?

Plusieurs traits le permettent :

  • Il se nourrit en route. La sterne arctique capture de petits poissons et des crustacés à la surface de la mer, elle peut donc refaire le plein en chemin au lieu de jeûner.
  • Il utilise le vent. Les trajets en S suivent les vents dominants, ce qui réduit le coût énergétique.
  • Il est taillé pour un vol économe. Des ailes longues et étroites et un corps léger, autour de 90 à 120 g, rendent le vol prolongé moins coûteux.
  • Il peut se poser en mer. Contrairement aux barges, les sternes peuvent s’arrêter sur l’eau ou sur des objets flottants sans rejoindre la terre.

Quel oiseau vole le plus loin sans s’arrêter ?

La barge rousse

La barge rousse est un grand limicole au long bec qui niche dans la toundra arctique, de la Scandinavie à l’Alaska. Les oiseaux de la sous-espèce qui niche dans l’ouest de l’Alaska accomplissent à l’automne un vol stupéfiant : ils quittent la côte de l’Alaska et traversent directement le Pacifique jusqu’à la Nouvelle-Zélande et l’est de l’Australie.

Les barges ne savent pas nager ni se reposer sur l’eau, et sur l’essentiel de cette immensité il n’y a nulle part où se poser. Elles doivent rester en l’air pendant tout le trajet.

  • En 2007, une femelle équipée d’une balise satellite, connue sous le nom d’E7, a été suivie sur environ 11 500 km sans escale de l’Alaska à la Nouvelle-Zélande, un record à l’époque.
  • Les années suivantes, d’autres barges équipées de balises ont volé encore plus loin.
  • En 2022, une jeune barge baguée en Alaska a été suivie sur environ 13 500 km jusqu’en Tasmanie en une onzaine de jours, le plus long vol sans escale alors enregistré chez un oiseau.

La barge rousse se voit aussi en France. Des oiseaux d’une autre population, qui nichent dans le nord de l’Europe et de la Russie, hivernent ou font halte sur les vasières du littoral atlantique et de la Manche. Leurs trajets sont moins extrêmes, mais ce sont bien les mêmes oiseaux au long bec légèrement retroussé.

Comment une barge peut-elle voler 11 jours sans manger ?

Les recherches sur la barge rousse ont révélé une série d’adaptations remarquables.

  1. D’énormes réserves de graisse. Avant le départ, les barges se nourrissent intensément sur les vasières de l’Alaska et peuvent presque doubler leur masse, la graisse représentant une large part de leur poids.
  2. Des organes internes qui rétrécissent. Des études ont montré que les organes digestifs, comme le gésier et l’intestin, diminuent avant le départ, ce qui allège l’oiseau d’un poids inutile pendant un vol sans nourriture.
  3. Des muscles du vol et un cœur plus gros. Dans le même temps, les organes nécessaires au vol grossissent.
  4. Des départs portés par la météo. Les barges partent volontiers avec de forts vents arrière liés aux dépressions, qui leur donnent un sérieux coup de pouce au début du voyage.
  5. Un vol continu. On pense qu’elles mettent au repos une partie de leur cerveau en vol, même si la façon dont elles gèrent le sommeil sur de si longs trajets reste mal connue.

Et le puffin fuligineux ?

Le puffin fuligineux est un oiseau de mer sombre, de la taille d’une mouette, qui niche dans des terriers sur des îles autour de la Nouvelle-Zélande, du sud de l’Amérique du Sud et des Malouines. Dans une étude de 2006, des chercheurs ont suivi des puffins de Nouvelle-Zélande : ils suivaient une immense boucle en forme de huit à travers le Pacifique, remontant vers des zones d’alimentation au large du Japon, de l’Alaska ou de la Californie pendant l’hiver austral, puis revenant. La distance moyenne était d’environ 64 000 km en un an.

On peut aussi apercevoir cette espèce au large des côtes françaises à la fin de l’été et en automne, lors des séances de « seawatching » depuis les pointes bretonnes. Comme les sternes, les puffins peuvent se nourrir et se reposer en mer, ce qui explique pourquoi les oiseaux marins dominent la liste des plus longues migrations annuelles.

Quel passereau migre le plus loin ?

Le traquet motteux

Le traquet motteux est un petit passereau terrestre de la famille des gobemouches, au dos gris, au masque noir et au dessin caractéristique : croupion blanc et queue noire en forme de T renversé. Il niche sur une zone immense de l’hémisphère Nord, de l’Alaska et du nord du Canada jusqu’au Groenland, à l’Europe et à l’Asie. Fait remarquable, presque toutes les populations hivernent en Afrique subsaharienne.

Les traquets qui nichent en Alaska ne partent donc pas vers l’Amérique du Sud comme la plupart des passereaux américains. Ils traversent l’Asie et la région arabique pour rejoindre l’Afrique de l’Est. Une étude de suivi publiée en 2012 a montré des oiseaux d’Alaska parcourant environ 14 500 km dans chaque sens. Ceux qui nichent dans l’est du Canada et au Groenland prennent une autre route, par l’Atlantique Nord vers l’Europe puis l’Afrique de l’Ouest, avec de longues traversées océaniques.

Pour un oiseau d’environ 25 g, c’est l’un des plus longs trajets de tous les passereaux. En France, le traquet motteux niche en montagne et sur certains littoraux, et on le voit passer partout en migration, sur les labours, les dunes et les pelouses rases.

La paruline rayée

La paruline rayée est une autre championne parmi les petits oiseaux. Elle niche dans les forêts boréales de l’Alaska à Terre-Neuve et hiverne dans le nord de l’Amérique du Sud. À l’automne, beaucoup font un vol sans escale au-dessus de l’ouest de l’Atlantique, depuis le nord-est des États-Unis et le Canada atlantique jusqu’aux Caraïbes et à l’Amérique du Sud. Une étude de 2015 a confirmé des traversées d’environ 2 250 à 2 750 km en deux à trois jours.

Quel oiseau migre le plus loin par rapport à sa taille ?

La distance pure avantage les grands voiliers économes. Si l’on tient compte de la taille du corps, le classement change.

Le colibri roux est un petit colibri d’environ 8 à 9 cm qui niche dans l’ouest de l’Amérique du Nord jusqu’au sud de l’Alaska et hiverne surtout au Mexique. Son trajet aller peut atteindre plusieurs milliers de kilomètres, et sa route forme souvent une boucle : vers le nord le long de la côte Pacifique au printemps, vers le sud par les montagnes Rocheuses à la fin de l’été, en suivant des fleurs qui s’épanouissent à des moments différents. Calculé en longueurs de corps, son voyage est souvent présenté comme l’une des plus longues migrations de tous les oiseaux.

Le colibri à gorge rubis, dans l’est de l’Amérique du Nord, est un autre petit migrateur impressionnant : on pense que beaucoup d’individus traversent le golfe du Mexique sans escale, un vol d’environ 800 km. Les colibris sauvages ne vivent qu’en Amérique ; en Europe, c’est le moro-sphinx, un papillon de jour, que l’on prend souvent pour un colibri au-dessus des fleurs.

Quel oiseau passe le plus de temps en vol ?

Le martinet noir, que l’on entend crier au-dessus des villes françaises de mai à juillet, niche en Europe et en Asie et hiverne en Afrique subsaharienne. Il chasse les insectes en vol et ne se pose guère que pour nicher. Une étude de 2016 utilisant des enregistreurs a montré que certains martinets restaient en l’air environ 10 mois d’affilée après avoir quitté les sites de reproduction. Les jeunes qui ne nichent pas encore peuvent rester en vol plus longtemps avant leur première nidification. La distance de migration du martinet n’est pas un record, mais son temps et sa distance totale passés en vol sont extraordinaires.

Quels autres oiseaux font des voyages extrêmes ?

Plusieurs autres espèces reviennent souvent dans les discussions sur les migrations record, même si elles ne dominent aucune catégorie.

  • Faucon de l’Amour. Ce petit faucon niche dans le nord-est de l’Asie et hiverne en Afrique australe. Le suivi a montré que beaucoup traversent la mer d’Arabie et l’ouest de l’océan Indien en longs vols vers l’Afrique, l’une des plus longues traversées maritimes chez un rapace.
  • Bécassine double. Ce limicole, qui niche en Scandinavie et en Europe de l’Est et hiverne en Afrique, a été suivi sur plusieurs milliers de kilomètres sans escale au-dessus des terres, à des vitesses moyennes élevées, un contraste frappant avec les barges qui franchissent les océans. Notre guide sur l’oiseau le plus rapide explique les différentes façons de mesurer la vitesse.
  • Bécasseau maubèche. La sous-espèce qui hiverne dans le sud de l’Amérique du Sud vole jusqu’à l’Arctique canadien pour nicher, avec une halte cruciale dans la baie du Delaware, où elle se nourrit d’œufs de limules. L’aller-retour peut atteindre environ 29 000 km. D’autres maubèches, venus du Groenland et du Canada, hivernent sur les côtes françaises.

Beaucoup de ces oiseaux voyagent en groupe, ce qui peut aider à s’orienter et, chez certaines espèces, à économiser de l’énergie, comme l’explique notre guide sur le vol en V des oiseaux.

Comment les scientifiques mesurent-ils ces records ?

Ces records étaient impossibles à confirmer il y a peu. Les chercheurs utilisent aujourd’hui plusieurs outils :

  1. Les géolocalisateurs, de minuscules enregistreurs de lumière qui notent la durée du jour et les heures de lever et de coucher du soleil, ce qui permet d’estimer des positions. Ils pèsent une fraction de gramme à quelques grammes, mais il faut récupérer l’oiseau pour lire les données.
  2. Les balises satellites, qui transmettent des positions et servent sur les plus gros oiseaux comme les barges.
  3. Les enregistreurs GPS, qui notent des positions précises et deviennent plus petits chaque année.
  4. Les réseaux automatiques de radiopistage, comme Motus, qui détectent de minuscules émetteurs sur de petits oiseaux quand ils passent près des antennes.
  5. Le baguage, toujours indispensable pour mesurer la longévité et relier sites de reproduction et d’hivernage. En France, il est coordonné par le Centre de recherches sur la biologie des populations d’oiseaux (CRBPO) du Muséum national d’Histoire naturelle.

La navigation qui rend ces voyages possibles, avec le soleil, les étoiles et le champ magnétique, est détaillée dans nos guides sur la façon dont les oiseaux savent où migrer et sur l’utilisation du champ magnétique terrestre par les oiseaux.

Idées reçues et réalités sur les plus longues migrations

Idée reçue : la sterne arctique parcourt 40 000 km par an. Réalité : c’était une ancienne estimation en ligne droite. Le suivi montre des trajets moyens proches de 71 000 km, et davantage pour certaines populations.

Idée reçue : lors des longs vols, les oiseaux planent tout le temps. Réalité : les barges et beaucoup de limicoles battent des ailes sans interruption pendant des jours. Les planeurs, eux, évitent les longues traversées maritimes.

Idée reçue : ces records sont définitifs. Réalité : ils tombent régulièrement à mesure que les balises s’allègent et que davantage d’oiseaux sont suivis.

Pourquoi ces grands migrateurs concernent-ils les observateurs au jardin ?

La plupart de ces champions ne viendront jamais à votre mangeoire, mais ils sont liés à votre jardin de plusieurs façons.

  • Des haltes partagées. Beaucoup de passereaux migrateurs, comme les fauvettes, les pouillots et les gobemouches, traversent jardins et parcs en migration. Des arbres et arbustes indigènes et un jardin riche en insectes les aident à refaire le plein.
  • Des leçons de conservation. Les grands migrateurs dépendent d’habitats situés dans plusieurs pays. La perte d’une seule halte clé, comme les vasières de la mer Jaune utilisées par les barges, peut toucher toute une population. Notre guide sur le déclin des populations d’oiseaux détaille les menaces plus larges.
  • La sécurité la nuit. Beaucoup de migrateurs volent de nuit et peuvent être désorientés par les éclairages. Éteindre les lumières extérieures inutiles pendant les périodes de migration aide.
  • Les sciences participatives. Signaler vos observations sur eBird ou sur les portails naturalistes comme Faune-France aide les chercheurs à comprendre quand et où passent les migrateurs. Notre guide eBird explique comment commencer.
  • L’émerveillement. Le martinet qui crie au-dessus de votre toit en juin passera l’hiver au sud du Sahara. Cela vaut bien une pause.

En résumé

La sterne arctique est l’oiseau qui migre le plus loin, avec environ 71 000 km ou plus chaque année entre l’Arctique et l’Antarctique. La barge rousse détient le record du plus long vol sans escale, en traversant le Pacifique pendant plus d’une semaine sans se poser. Des oiseaux marins comme le puffin fuligineux suivent de près, et de petits oiseaux comme le traquet motteux, la paruline rayée et le colibri roux font des voyages tout aussi impressionnants pour leur taille.

Sources

Les plus lus

Questions fréquentes

Quel oiseau fait la plus longue migration du monde ?

La sterne arctique effectue la plus longue migration annuelle connue. Des oiseaux suivis depuis le Groenland et l'Islande ont parcouru en moyenne environ 71 000 km aller-retour en un an, et des oiseaux nicheurs des Pays-Bas environ 90 000 km. Elle niche dans l'Arctique et passe l'hiver boréal dans l'océan Austral, près de l'Antarctique.

Quel oiseau vole le plus longtemps sans s'arrêter ?

La barge rousse détient le record du plus long vol sans escale connu chez un oiseau. En 2022, une jeune barge équipée d'une balise satellite a parcouru environ 13 500 km de l'Alaska à la Tasmanie en une onzaine de jours sans se poser. Les barges ne peuvent pas se reposer sur l'eau : elles volent d'une traite en brûlant la graisse accumulée avant le départ.

Quel passereau migre le plus loin ?

Le traquet motteux compte parmi les passereaux qui migrent le plus loin. Les oiseaux nicheurs d'Alaska hivernent en Afrique de l'Est, et le suivi a montré des trajets d'environ 14 500 km dans chaque sens, soit près de 29 000 km aller-retour. C'est remarquable pour un oiseau qui pèse environ 25 g, et on le voit d'ailleurs passer en France au printemps et à l'automne.

Combien de temps vit une sterne arctique ?

La sterne arctique vit longtemps pour sa taille. Les données de baguage montrent des oiseaux sauvages âgés de plus de 30 ans. Avec sa migration annuelle, une sterne âgée peut donc parcourir bien plus de deux millions de kilomètres au cours de sa vie, une distance comparable à plusieurs allers-retours entre la Terre et la Lune.

Quel petit oiseau fait la plus longue migration pour sa taille ?

Le colibri roux est souvent cité. Il niche jusqu'au sud de l'Alaska et hiverne surtout au Mexique, un trajet de plusieurs milliers de kilomètres dans un seul sens. Rapporté à la longueur du corps, ce voyage compte parmi les plus longs de tous les oiseaux. La paruline rayée, qui traverse l'Atlantique sans escale, est une autre candidate.

Pourquoi la sterne arctique migre-t-elle si loin ?

La sterne arctique suit l'été. En nichant dans l'Arctique et en passant l'hiver boréal près de l'Antarctique, elle vit dans une lumière presque permanente et exploite les riches zones d'alimentation polaires aux deux bouts du globe. Elle peut se nourrir en mer pendant le trajet, ce qui rend ces longs voyages possibles, et elle profite des vents pour économiser son énergie.