Bain de fourmis : pourquoi les oiseaux se frottent aux fourmis
Bain de fourmis chez les oiseaux : l'oiseau frotte des fourmis sur ses plumes ou se couche sur une fourmilière. Ce que la science sait, et ce qu'elle ignore.

Dans cet article
- Réponse rapide : le bain de fourmis en un coup d’œil
- À quoi ressemble un bain de fourmis ?
- Quels oiseaux prennent des bains de fourmis ?
- Quelles fourmis les oiseaux utilisent-ils ?
- Les oiseaux utilisent-ils autre chose que des fourmis ?
- Pourquoi le font-ils ? Les principales hypothèses
- Idées reçues et réalité
- Quand et où l’observer ?
- Que faire si vous voyez un oiseau prendre un bain de fourmis ?
- Faut-il lutter contre les fourmis au jardin ?
- Le bain de fourmis dans l’entretien du plumage
- Ce que l’on ignore encore
- L’essentiel à retenir
- Sources
- Questions fréquentes
Le bain de fourmis est un comportement, observé chez plus de 200 espèces, surtout des passereaux, par lequel un oiseau applique volontairement des fourmis sur ses plumes. Dans la forme active, il saisit des fourmis dans le bec et les passe sur son plumage, surtout sous la pointe des ailes. Dans la forme passive, il s’accroupit ou s’étale sur une fourmilière, ailes ouvertes, et laisse les fourmis courir dans ses plumes.
Ce comportement, que les anglophones appellent anting, a été observé chez plus de 200 espèces dans le monde, surtout des passereaux, et presque toujours avec des fourmis qui se défendent en projetant de l’acide formique. Sa fonction est encore débattue. Les idées les mieux étayées : les substances des fourmis aideraient à contrôler les parasites et les microbes du plumage, et le frottement viderait la fourmi de son acide pour la rendre comestible. Les deux peuvent être vraies.
Si vous avez déjà vu un merle ou un geai étalé sur la pelouse comme à moitié mort, ailes ouvertes et queue tordue vers l’avant, il y a de bonnes chances que vous ayez assisté à un bain de fourmis.
Réponse rapide : le bain de fourmis en un coup d’œil
| Question | Réponse courte |
|---|---|
| De quoi s’agit-il ? | L’oiseau applique des fourmis, ou leurs sécrétions, sur ses plumes |
| Deux formes | Active (frotter les fourmis avec le bec) et passive (se coucher sur une fourmilière) |
| Répandu ? | Observé chez plus de 200 espèces, surtout des passereaux |
| Quelles fourmis ? | Surtout des fourmis qui projettent de l’acide formique plutôt que de piquer |
| Explications principales | Lutte contre parasites et microbes, préparation de la nourriture, confort de la peau pendant la mue |
| Dangereux ? | Pas connu comme tel, mais certains substituts (naphtaline, mégots) peuvent l’être |
| Quand l’observer ? | Surtout par temps chaud, en été et en fin d’été |
À quoi ressemble un bain de fourmis ?
La première fois, la scène peut inquiéter. L’oiseau paraît hébété ou déséquilibré, et beaucoup pensent qu’il est malade, blessé ou qu’il a été heurté par une voiture. Dans la plupart des cas, il n’en est rien.
La forme active
L’oiseau se tient ou s’accroupit au sol près des fourmis, en saisit une ou plusieurs du bout du bec et les passe sur ses plumes par petits coups rapides et saccadés. La cible la plus fréquente est la face inférieure des rémiges, près de la pointe des ailes. Pour l’atteindre, il laisse tomber l’aile et la ramène vers l’avant, tout en basculant la queue vers l’avant sous le corps, parfois au point de presque s’asseoir dessus ou de basculer.
Il peut répéter le geste plusieurs fois avec la même fourmi, la lâcher, en prendre une autre, ou la manger à la fin. Une séance dure de quelques secondes à plusieurs minutes.
La forme passive
L’oiseau s’installe directement sur une fourmilière ou un groupe de fourmis dérangées, étale les ailes à plat sur le sol, gonfle ses plumes et laisse les fourmis monter dans le plumage. La posture ressemble à celle du bain de soleil, et les deux sont difficiles à distinguer sans voir les fourmis. La forme passive est moins souvent signalée, en partie parce qu’elle est plus difficile à reconnaître.

Ce que le bain de fourmis n’est pas
- Le bain de poussière utilise de la terre sèche : l’oiseau gratte et se secoue pour faire passer la poussière dans ses plumes. Voir pourquoi les oiseaux prennent des bains de poussière.
- Le bain de soleil utilise la même posture ailes étalées, mais sans fourmis. Notre guide sur pourquoi les oiseaux prennent le soleil en parle.
- Manger des fourmis, c’est simplement se nourrir. Le pic vert avale d’énormes quantités de fourmis sans forcément prendre un bain de fourmis.
Quels oiseaux prennent des bains de fourmis ?
Le comportement a été documenté chez plus de 200 espèces, et certaines synthèses avancent un chiffre plus élevé. La grande majorité sont des passereaux. Les groupes les plus cités dans la littérature :
- Corvidés. Le geai des chênes en Europe et le geai bleu en Amérique du Nord sont des exemples classiques.
- Grives et merles. Le merle noir et la grive musicienne sont souvent signalés, tout comme le merle d’Amérique outre-Atlantique.
- Étourneaux. L’étourneau sansonnet pratique volontiers le bain de fourmis, dans son aire d’origine comme là où il a été introduit.
- Quiscales. En Amérique du Nord, le quiscale bronzé est connu pour ce comportement, et pour ses substituts inhabituels.
- Moineaux, fringilles, fauvettes et autres. Les observations sont dispersées dans de nombreuses familles de passereaux.
Hors passereaux, les observations existent mais sont bien plus rares, et certains récits anciens sont difficiles à vérifier. On peut dire que c’est une spécialité des passereaux, sans leur être exclusive.
Pourquoi il est fréquent dans certaines familles et apparemment absent dans d’autres reste inconnu. Une partie de la réponse tient peut-être au biais d’observation : les oiseaux hardis qui se nourrissent au sol, comme le merle, le geai ou l’étourneau, vivent près de nous et à découvert, on les voit donc plus souvent.
Quelles fourmis les oiseaux utilisent-ils ?
Les oiseaux ne choisissent pas leurs fourmis au hasard. La plupart des observations concernent des fourmis de la sous-famille des Formicinae, qui n’ont pas d’aiguillon fonctionnel et se défendent en projetant de l’acide formique depuis une glande au bout de l’abdomen. Les fourmis rousses des bois, du genre Formica, sont l’exemple type en Europe comme en Amérique du Nord.
Les fourmis qui piquent, comme de nombreuses espèces d’autres sous-familles, semblent beaucoup moins utilisées. Ce schéma est l’un des indices les plus forts sur la fonction du comportement : il pointe vers la chimie de la fourmi plutôt que vers la fourmi elle-même.
L’acide formique est un acide simple et piquant, irritant pour la peau et les yeux et toxique pour de nombreux petits arthropodes. Certaines fourmis portent aussi d’autres composés défensifs. Quand l’oiseau presse une fourmi dans son bec, elle projette son acide, que l’oiseau essuie sur ses plumes.
Les oiseaux utilisent-ils autre chose que des fourmis ?
Oui, et c’est l’un des aspects les plus intrigants. On a vu des oiseaux « prendre un bain de fourmis » avec une étonnante variété de substituts :
- Des mille-pattes, dont certains sécrètent des substances défensives
- Des coléoptères et autres insectes chimiquement protégés
- Des écorces et morceaux d’agrumes
- Des brous de noix
- Des fleurs d’œillet d’Inde et d’autres parties de plantes aromatiques
- De la naphtaline
- Des mégots de cigarette, et selon certains récits la fumée de cheminées ou de feux, un comportement parfois appelé bain de fumée
Le quiscale bronzé a notamment été vu utilisant de la naphtaline et des morceaux de citron vert ou jaune. La plupart de ces substituts ont un point commun : ils sont piquants, acides ou chimiquement défensifs. Cela appuie l’idée que l’oiseau recherche un effet chimique.
Certains substituts présentent de vrais risques. La naphtaline et les antimites au paradichlorobenzène sont toxiques, et les mégots contiennent de la nicotine et d’autres toxines. On manque de données sur la fréquence des intoxications, mais c’est une raison de plus pour garder déchets et produits ménagers hors du jardin.

Pourquoi le font-ils ? Les principales hypothèses
Les scientifiques débattent du bain de fourmis depuis environ un siècle, sans réponse unique. Voici les principales idées, ce qui les appuie et leurs limites.
Le bain de fourmis tue-t-il poux et acariens ?
C’est l’explication la plus ancienne et la plus populaire. Les oiseaux portent des poux, des acariens des plumes, des champignons et des bactéries qui peuvent abîmer le plumage. L’acide formique est toxique pour de nombreux petits arthropodes, et les apiculteurs l’utilisent contre le varroa dans les ruches : l’idée est donc plausible.
Ce qui l’appuie : les oiseaux privilégient les fourmis chimiquement défendues et appliquent les sécrétions sur les plumes, pas sur la peau. Beaucoup de substituts sont aussi piquants ou insecticides. Le comportement se concentre sur les rémiges, précieuses et lentes à remplacer.
Ses limites : les tests directs sont rares et contradictoires. En laboratoire, les sécrétions de fourmis n’ont pas montré de façon constante un effet fort sur les microbes et parasites du plumage aux concentrations qu’un oiseau appliquerait réellement. Comparer la charge parasitaire d’oiseaux qui pratiquent ou non ce comportement est très difficile sur le terrain, et les études convaincantes manquent. L’hypothèse reste raisonnable mais non démontrée.
Est-ce une façon de rendre les fourmis comestibles ?
Deuxième explication : le bain de fourmis serait une préparation de la nourriture. Les Formicinae sont bien défendues : leur acide les rend désagréables, et le sac à acide lui-même pourrait être désagréable ou nocif à avaler. En pressant et en essuyant la fourmi, l’oiseau la force à vider sa glande sur les plumes, qui servent de serviette. La fourmi est ensuite mangée.
Ce qui l’appuie : une étude de 2008 de Thomas Eisner et Daniel Aneshansley sur des geais bleus en captivité a montré que les geais frottaient les fourmis au sac à acide plein avant de les manger, mais acceptaient bien plus volontiers de les manger directement quand ce sac avait été retiré expérimentalement. C’est une preuve solide que, au moins chez le geai bleu, le bain de fourmis aide à rendre les fourmis comestibles. Beaucoup d’observateurs voient aussi l’oiseau avaler la fourmi à la fin.
Ses limites : cela n’explique ni la forme passive, où l’oiseau ne mange rien, ni l’usage de naphtaline, d’agrumes ou de mégots. Ni pourquoi l’acide est appliqué si précisément sur les plumes des ailes.
Apaise-t-il la peau pendant la mue ?
Troisième idée : un lien avec la mue. Beaucoup de passereaux muent en été et en fin d’été, période où la plupart des bains de fourmis sont signalés. La croissance des plumes pourrait rendre la peau irritée, et certains chercheurs ont suggéré que les sécrétions des fourmis la soulagent.
Ce qui l’appuie : la coïncidence saisonnière est réelle dans beaucoup de régions tempérées.
Ses limites : l’été est aussi la saison où les fourmis sont les plus actives et les oiseaux les plus visibles. Il existe peu de preuves directes d’un effet apaisant. Pour en savoir plus sur le processus, voir pourquoi les oiseaux muent.

Est-ce simplement agréable ?
Certains auteurs pensent que les oiseaux le font parce que c’est agréable, par une légère stimulation de la peau. C’est difficile à tester et cela dit peu de chose sur l’origine évolutive du comportement : ce serait la raison immédiate, pas la raison profonde.
Plusieurs explications peuvent-elles être vraies ?
Très probablement. Le bain de fourmis peut avoir plusieurs fonctions, dont l’équilibre varie selon les espèces. Un geai bleu prépare sans doute surtout un repas, alors qu’un étourneau qui se frotte avec de la naphtaline ne le fait évidemment pas. Un comportement apparu pour une raison peut aussi être détourné plus tard pour une autre. Le résumé honnête : le bain de fourmis est réel, répandu et d’origine chimique, et sa fonction reste une question ouverte.
Idées reçues et réalité
| Affirmation | Réalité |
|---|---|
| « Un oiseau qui fait ça est blessé ou mourant. » | Généralement faux. La posture étalée et tordue est normale. Laissez-le tranquille, il repartira. |
| « Les oiseaux cherchent à se droguer. » | Aucune preuve sérieuse. L’acide formique n’est pas une substance enivrante. |
| « Seuls quelques oiseaux le font. » | Faux. Plus de 200 espèces sont concernées, dont beaucoup d’oiseaux de jardin communs. |
| « N’importe quelle fourmi fait l’affaire. » | Plutôt faux. Les observations sont dominées par les fourmis à acide formique. |
| « Il est prouvé que cela tue les poux. » | Non. C’est une hypothèse majeure, avec peu de preuves directes. |
| « C’est juste manger des fourmis. » | En partie. Chez le geai bleu, le frottement précède clairement le repas, mais la forme passive et les substituts montrent qu’il ne s’agit pas que de nourriture. |
Quand et où l’observer ?
La plupart des bains de fourmis sont signalés par temps chaud, surtout en été et au début de l’automne, quand les fourmis sont actives et les colonies populeuses. Les oiseaux choisissent généralement un sol dégagé : pelouses, bordures, allées gravillonnées, talus sableux et abords des fourmilières. Ils préfèrent les endroits secs et ensoleillés, ce qui explique aussi la confusion fréquente avec le bain de soleil.
Les séances sont brèves et faciles à manquer. Votre meilleure chance est d’observer les oiseaux qui se nourrissent au sol par les matinées chaudes : merles, geais et étourneaux en France et en Belgique, merle d’Amérique et quiscales au Québec. Notre guide pour comprendre le comportement des oiseaux présente d’autres comportements à guetter.
Que faire si vous voyez un oiseau prendre un bain de fourmis ?
Presque rien, et c’est tout l’intérêt.
- Restez à distance. L’oiseau est concentré mais s’envolera si vous approchez. Observez depuis une fenêtre ou avec des jumelles ; notre guide des jumelles pour observer depuis la fenêtre présente des modèles adaptés.
- N’intervenez pas. Un oiseau ailes étalées au sol n’est pas forcément blessé. S’il repart normalement, tout va bien.
- Vérifiez avant de conclure à une blessure. Un oiseau qui ne tient pas debout, traîne une aile ou ne s’envole pas quand vous approchez peut être blessé. Dans ce cas, voir que faire d’un oiseau blessé.
- Gardez le chat à l’intérieur. Un oiseau absorbé par son bain de fourmis en terrain découvert est vulnérable. Voir chats et oiseaux : protéger son jardin.
- Notez-le. Le comportement reste mal documenté chez beaucoup d’espèces. Noter l’espèce, la date, le type de fourmi si possible et les éventuels substituts, dans un carnet ou en commentaire d’une liste eBird ou Faune-France, enrichit les connaissances.

Faut-il lutter contre les fourmis au jardin ?
Si vous aimez voir des oiseaux, tolérez quelques fourmis. Elles nourrissent de nombreux oiseaux, à commencer par le pic vert, grand mangeur de fourmis, et jouent un rôle important dans le brassage du sol et la dispersion des graines.
Les insecticides à large spectre sur la pelouse et les massifs réduisent les insectes dont se nourrissent les oiseaux et peuvent les exposer directement. Si des fourmis entrent dans la maison, traitez le problème à l’intérieur et aux points d’entrée plutôt que tout le jardin. Garder un peu de terre nue et ensoleillée et une bordure de pelouse moins tondue laisse de la place aux bains de fourmis, de poussière et de soleil.
Le bain de fourmis dans l’entretien du plumage
Les plumes sont à la fois surface de vol, isolation et parure, et elles ne se réparent pas une fois formées. Les oiseaux consacrent une grande part de leur journée à leur entretien : lissage au bec, étalement de l’huile de la glande uropygienne, bain d’eau, bain de poussière, bain de soleil et, chez certaines espèces, bain de fourmis.
Dans ce contexte, le bain de fourmis apparaît comme un outil parmi d’autres. L’eau décolle la saleté. La poussière absorbe peut-être l’excès d’huile et gêne les parasites. Le soleil pousse peut-être les parasites à se déplacer là où le bec peut les attraper. Le bain de fourmis ajoute une couche chimique au même travail. Voir aussi pourquoi les oiseaux gonflent leurs plumes.
Ce que l’on ignore encore
Après un siècle d’observations, plusieurs questions restent ouvertes :
- Quelle part de la variation est réelle ? Beaucoup d’espèces n’ont qu’une ou deux observations, et l’on ignore si elles le font souvent ou rarement.
- Réduit-il vraiment les parasites dans la nature ? Aucune grande étude de terrain n’a tranché.
- Est-il appris ou inné ? Certaines observations d’oiseaux élevés à la main suggèrent qu’il peut apparaître sans apprentissage, mais les données sont limitées.
- Pourquoi la pointe des ailes ? L’attention portée au dessous des rémiges primaires reste mal expliquée.
- Les substituts dangereux sont-ils fréquents ? Les récits de naphtaline et de mégots sont anecdotiques.
C’est un domaine où un observateur attentif au jardin peut encore apporter des données utiles.
L’essentiel à retenir
- Le bain de fourmis consiste à appliquer des fourmis ou leurs substances sur les plumes.
- Forme active : frotter des fourmis avec le bec. Forme passive : se coucher sur une fourmilière.
- Observé chez plus de 200 espèces, surtout des passereaux.
- Il utilise surtout des Formicinae, qui projettent de l’acide formique au lieu de piquer.
- Les oiseaux utilisent aussi mille-pattes, agrumes, brous de noix, naphtaline et mégots.
- Une étude de 2008 sur le geai bleu montre qu’il aide à rendre les fourmis comestibles.
- La lutte contre les parasites est plausible mais non prouvée.
- Un oiseau qui prend un bain de fourmis n’est généralement pas blessé : observez de loin.
Sources
- Oiseaux.net, fiches espèces (geai des chênes, étourneau sansonnet, merle noir)
- LPO, Ligue pour la Protection des Oiseaux
- Cornell Lab of Ornithology, All About Birds : fiche du geai bleu
- RSPB : fiche du geai des chênes
- Eisner, T. et Aneshansley, D. (2008). Anting in Blue Jays: evidence in support of a food-preparatory function. Chemoecology 18: 197-203.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le bain de fourmis chez les oiseaux ?
Le bain de fourmis, appelé anting en anglais, est un comportement d'entretien. L'oiseau saisit des fourmis et les frotte sur ses plumes (forme active), ou se couche sur une fourmilière ailes étalées pour laisser les fourmis courir sur son corps (forme passive). Il a été observé chez plus de 200 espèces, surtout des passereaux, en général avec des fourmis qui projettent de l'acide formique plutôt qu'avec des fourmis qui piquent.
Pourquoi les oiseaux se frottent-ils avec des fourmis ?
Personne ne le sait avec certitude, et plusieurs explications peuvent coexister. Les pistes principales : les substances des fourmis aideraient à contrôler poux, acariens, champignons ou bactéries du plumage ; le frottement viderait la fourmi de son acide pour la rendre comestible ; il apaiserait la peau pendant la mue. Les preuves restent partielles pour chacune, et la fonction peut varier selon les espèces.
Le bain de fourmis est-il dangereux pour les oiseaux ?
Rien ne montre qu'un bain de fourmis normal nuise aux oiseaux. Ils le pratiquent brièvement avec des fourmis à acide formique et semblent choisir les espèces plutôt que d'utiliser n'importe quelle fourmi. Le principal risque vient des substituts qu'ils utilisent parfois, comme la naphtaline ou les mégots de cigarette, qui contiennent des substances potentiellement toxiques.
Quels oiseaux prennent des bains de fourmis ?
En Europe, le geai des chênes, l'étourneau sansonnet, le merle noir et la grive musicienne sont parmi les oiseaux les plus souvent cités. En Amérique du Nord, le merle d'Amérique, le geai bleu et le quiscale bronzé sont des exemples classiques. La plupart des observations concernent des passereaux, surtout les corvidés, les grives et merles, et les étourneaux.
À quoi ressemble un bain de fourmis ?
L'oiseau s'accroupit au sol ou sur une fourmilière, laisse pendre ou étale ses ailes et ramène souvent sa queue vers l'avant sous le corps. En forme active, il saisit une fourmi dans le bec et la passe sous les plumes de l'aile, surtout près des pointes. Il peut sembler hébété, déséquilibré ou même blessé, ce qui inquiète beaucoup de gens qui l'observent pour la première fois.
Les oiseaux utilisent-ils autre chose que des fourmis ?
Oui. On a vu des oiseaux se frotter les plumes avec des mille-pattes, des coléoptères, des écorces d'agrumes, des brous de noix, des fleurs d'œillet d'Inde, de la naphtaline et même des mégots. Beaucoup de ces substituts contiennent des substances piquantes ou défensives, ce qui suggère que c'est la chimie, et non la fourmi elle-même, qui compte pour l'oiseau.