Les colibris dorment-ils ? Sommeil et torpeur

Les colibris dorment-ils ? Oui, chaque nuit, et souvent en torpeur, un état d'économie d'énergie où leur température et leur rythme cardiaque chutent fortement.

Un petit colibri immobile perché sur une fine brindille au crépuscule, le plumage légèrement gonflé (illustration IA)
Illustration générée par IA, pas une photo
Dans cet article
  1. En bref : comment dorment les colibris
  2. Les colibris vivent-ils en Europe ?
  3. Pourquoi les colibris doivent-ils dormir si profondément ?
  4. Qu’est-ce que la torpeur, et en quoi diffère-t-elle du sommeil ?
  5. Combien de temps dorment les colibris ?
  6. La torpeur est-elle risquée pour les colibris ?
  7. Où dorment les colibris ?
  8. À quoi ressemble un colibri qui dort ?
  9. Tous les colibris utilisent-ils la torpeur ?
  10. Les colibris dorment-ils le jour ?
  11. Idées reçues sur le sommeil des colibris
  12. Ce que cela change si vous observez des colibris
  13. L’essentiel à retenir
  14. Sources
  15. Questions fréquentes

Oui, les colibris dorment chaque nuit. Ils se reposent la nuit, en général perchés seuls sur une fine brindille abritée. Beaucoup de nuits, ils plongent aussi en torpeur, un état profond d’économie d’énergie dans lequel leur température corporelle peut chuter bien en dessous de son niveau diurne d’environ 40 °C et leur cœur ralentir de façon spectaculaire. C’est impressionnant, car un colibri en torpeur peut sembler mort, mais c’est un outil de survie normal pour un oiseau qui brûle son énergie plus vite que presque tout autre animal.

Leur taille, leur mode de vol et leur alimentation leur laissent très peu de marge entre un réservoir plein et un réservoir vide.

En bref : comment dorment les colibris

  • Quand : la nuit, à peu près du crépuscule à l’aube.
  • Où : en général sur une petite branche abritée dans un arbuste ou un arbre, pas dans un nid.
  • Profondeur : du sommeil ordinaire à la torpeur profonde, selon la température et les réserves d’énergie.
  • Torpeur : la température corporelle descend bien en dessous du niveau diurne normal d’environ 40 °C, et le rythme cardiaque et la respiration ralentissent fortement.
  • Réveil : l’oiseau se réchauffe en faisant frissonner ses muscles de vol, ce qui peut prendre plusieurs dizaines de minutes.
  • Si vous en trouvez un : en général, ne rien faire. Un colibri immobile ou la tête en bas à l’aube est très probablement en torpeur et récupérera seul.

Les colibris vivent-ils en Europe ?

Avant d’aller plus loin, une précision honnête pour les lecteurs de France, de Belgique et de Suisse : les colibris sauvages vivent uniquement sur le continent américain. On en compte plus de 300 espèces, de l’Alaska à la Terre de Feu, avec une diversité maximale dans les Andes et les forêts tropicales. Aucun colibri ne vit à l’état sauvage en Europe, et aucun ne viendra butiner les fleurs d’un jardin français.

Cet article sert donc d’abord les lecteurs du Québec et du reste du Canada, où le colibri à gorge rubis niche l’été dans l’est et le colibri roux dans l’ouest, ceux d’Amérique latine et des Antilles françaises, les voyageurs, et tous les curieux fascinés par ces oiseaux.

Si vous pensez avoir vu un colibri butiner vos lavandes ou vos géraniums en été, il s’agit presque certainement du moro-sphinx (Macroglossum stellatarum). Ce papillon actif en plein jour vole en vol stationnaire devant les fleurs, ailes vrombissantes, et aspire le nectar avec une longue trompe. Sa taille, son vol et son comportement expliquent la confusion, d’où son surnom de « sphinx colibri ». Pour le distinguer, cherchez les antennes, l’absence de bec et les ailes postérieures orangées.

Pourquoi les colibris doivent-ils dormir si profondément ?

Les colibris ont le métabolisme le plus élevé, rapporté à leur taille, de tous les vertébrés à sang chaud étudiés. Plusieurs caractéristiques y contribuent.

Ils sont minuscules

Le colibri à gorge rubis, seul colibri nicheur dans la majeure partie de l’est de l’Amérique du Nord, du sud du Québec à la Floride, pèse environ 3 g, à peu près le poids d’une pièce de monnaie. Les petits animaux perdent leur chaleur rapidement, car ils ont une grande surface corporelle par rapport à leur volume. Un colibri a très peu de corps pour retenir la chaleur.

Ils volent sur place

Le vol stationnaire est l’une des façons de se déplacer les plus coûteuses en énergie. Les ailes d’un colibri battent plusieurs dizaines de fois par seconde, et ses muscles de vol représentent une grande part de son poids. Notre article sur comment les colibris font du vol stationnaire explique pourquoi c’est si coûteux.

Leur carburant s’épuise vite

Les colibris boivent surtout le nectar des fleurs, une solution sucrée, et mangent de petits insectes et des araignées pour les protéines. Le sucre se consume vite. Un colibri peut visiter des centaines, voire plus d’un millier de fleurs dans la journée, et il ne peut pas se nourrir la nuit : il ne voit pas assez pour butiner, et la plupart des fleurs produisent moins de nectar dans l’obscurité.

Chaque soir pose donc un problème. Le colibri doit passer la nuit sur les graisses et les sucres stockés depuis son dernier repas du crépuscule. Par une nuit douce, avec de bonnes réserves, le sommeil ordinaire peut suffire. Par une nuit froide, ou s’il s’est mal nourri, maintenir sa température normale toute la nuit pourrait épuiser ses réserves avant l’aube. La torpeur est la solution.

Qu’est-ce que la torpeur, et en quoi diffère-t-elle du sommeil ?

Le sommeil est un état de vigilance et d’activité réduites, avec des changements de l’activité cérébrale, commun à tous les oiseaux et mammifères. Pendant le sommeil ordinaire, la température et le métabolisme d’un colibri ne baissent que légèrement.

La torpeur est une mise en veille bien plus profonde et contrôlée de la dépense d’énergie. Elle s’apparente à l’hibernation, mais elle est beaucoup plus courte et ne dure généralement qu’une nuit. En torpeur :

  1. La température corporelle chute fortement. Au lieu de rester vers 40 °C, l’oiseau la laisse descendre vers celle de l’air ambiant, jusqu’à un seuil minimal qu’il défend.
  2. Le rythme cardiaque s’effondre. Le cœur d’un colibri actif peut battre plus de 1 000 fois par minute. En torpeur, il n’en bat plus qu’une petite fraction.
  3. La respiration ralentit, parfois avec des pauses entre les inspirations.
  4. La dépense d’énergie plonge. Des études ont montré que la torpeur peut réduire sensiblement la dépense nocturne d’un colibri, avec des économies souvent rapportées bien au-delà de la moitié, et bien plus encore les nuits froides.
  5. La réactivité disparaît presque. Un colibri en torpeur réagit lentement, voire pas du tout, quand on le touche, d’où son air de mort.

Jusqu’à quelle température un colibri peut-il descendre ?

Étonnamment bas. Une étude publiée en 2020 sur des colibris vivant en haute altitude dans les Andes du Pérou a enregistré chez une espèce, Metallura phoebe (Black Metaltail en anglais), une température corporelle descendue à environ 3 °C pendant la nuit. C’est l’une des températures corporelles les plus basses jamais mesurées chez un oiseau. La plupart des colibris d’Amérique du Nord ne descendent sans doute pas aussi bas, mais des baisses de plusieurs dizaines de degrés sont normales.

La même étude a montré que les espèces, et même les individus, utilisaient la torpeur différemment. Certains y entraient presque chaque nuit, d’autres de façon plus sélective, et les oiseaux en bonne condition y passaient parfois moins de temps. Les colibris semblent donc utiliser la torpeur de façon souple, pour gérer un budget énergétique, et non comme une mise en veille automatique.

Comment les colibris sortent-ils de la torpeur ?

Se réchauffer demande un effort. Avant l’aube, le colibri en torpeur commence à faire frissonner ses gros muscles de vol. L’activité musculaire produit de la chaleur, et la température corporelle remonte peu à peu. L’ensemble peut prendre d’environ 20 minutes à près d’une heure, selon le froid atteint par l’oiseau et la température de l’air. C’est l’une des raisons pour lesquelles les colibris arrivent souvent aux abreuvoirs juste après les premières lueurs : ils ont dépensé de l’énergie pendant la nuit puis pendant le réchauffement, et doivent refaire le plein.

Une horloge interne semble régler ce réveil pour qu’ils soient prêts dès l’aube.

Combien de temps dorment les colibris ?

À peu près aussi longtemps qu’il fait nuit. Les colibris se nourrissent strictement de jour, donc leur période de sommeil suit la durée de la nuit. Ils dorment bien plus longtemps au début du printemps et à la fin de l’automne qu’en plein été, quand les nuits nordiques sont courtes. Un colibri au nord de son aire de nidification en juin peut n’avoir que quelques heures d’obscurité, tandis qu’un autre qui hiverne sous les tropiques a près de 12 heures de nuit.

Les nuits longues sont aussi les plus dures. Plus l’oiseau reste longtemps sans manger, plus il lui faut de réserves. C’est pourquoi la torpeur compte tant en saison fraîche : une nuit longue et froide est la combinaison la plus dangereuse pour un oiseau aussi petit.

Combien de poids un colibri perd-il pendant la nuit ?

En pesant des colibris au crépuscule puis à l’aube, les chercheurs ont constaté qu’ils peuvent perdre une part notable de leur poids pendant la nuit, surtout sous forme de graisses et de sucres brûlés, plus un peu d’eau. La perte varie selon la température, l’espèce et le recours à la torpeur. Les oiseaux en torpeur perdent moins : c’est tout l’intérêt.

La torpeur est-elle risquée pour les colibris ?

Oui, elle a un prix, ce qui explique sans doute pourquoi les colibris ne l’utilisent pas chaque nuit quelles que soient les conditions.

  • Les prédateurs. Un oiseau en torpeur ne peut pas fuir rapidement. Choisir un perchoir caché sur une brindille fine réduit le risque sans le supprimer.
  • Le coût du réchauffement. Sortir d’une torpeur profonde demande du temps et de l’énergie. Un oiseau trop à court de réserves peut avoir du mal à se réchauffer.
  • Le temps perdu. Un oiseau encore en train de se réchauffer à l’aube ne mange pas et ne défend pas ses fleurs, alors que ses rivaux le font peut-être.
  • D’éventuels coûts physiologiques. Certains chercheurs pensent qu’une torpeur très profonde et fréquente pourrait avoir des coûts cachés, par exemple sur la qualité du sommeil ou l’immunité. La question est encore étudiée.

D’où une torpeur utilisée selon les besoins, plus profonde les nuits froides, plus légère ou absente quand il fait doux.

Où dorment les colibris ?

La plupart des colibris dorment seuls, perchés sur une petite brindille fine. Ils choisissent des sites dans des arbustes ou des arbres denses, abrités du vent, de la pluie et, si possible, des prédateurs. La branche est généralement assez fine pour qu’un animal plus gros ne puisse pas l’atteindre sans la secouer.

Ils ne dorment pas dans un nid, à une exception près : la femelle qui couve ses œufs ou réchauffe de jeunes poussins reste sur le nid toute la nuit. Les femelles qui ont des œufs ou des petits semblent d’ailleurs moins utiliser la torpeur, ou de façon moins profonde, sans doute pour garder la couvée au chaud. Notre article pour savoir si les oiseaux dorment dans leur nid décrit ce que font les autres espèces.

Comment les colibris tiennent-ils sur leur branche en dormant ?

Comme les autres oiseaux percheurs, les colibris ont des pattes qui s’agrippent fermement avec un effort minimal, grâce à la disposition des tendons et, chez beaucoup d’espèces, à une texture crantée des gaines tendineuses. Notre article sur comment les oiseaux se perchent sans tomber pendant leur sommeil détaille ce mécanisme. En torpeur profonde, la prise tient même quand le corps se relâche, et c’est pourquoi on trouve parfois des colibris suspendus la tête en bas.

À quoi ressemble un colibri qui dort ?

IndiceSommeil ordinaireTorpeur
PostureDroite, plumage un peu gonflé, tête rentrée ou bec vers l’avantTrès immobile, bec pointé vers le haut, parfois tête en bas
Réaction au dérangementSe réveille vite et s’envoleRéaction très lente ou nulle
RespirationNormale, même si peu visibleLente, semble parfois s’arrêter
Température corporelleProche de la normaleBien en dessous de la normale, froid au toucher
MomentLa nuitLa nuit et tôt le matin, surtout par nuit froide

Tous les colibris utilisent-ils la torpeur ?

La torpeur a été documentée chez de nombreuses espèces de colibris à travers les Amériques, des espèces tropicales et montagnardes aux migrateurs qui nichent en Amérique du Nord, et on la pense répandue dans toute la famille. Sa fréquence dépend de la température, de l’altitude, de la nourriture disponible et de l’état de l’oiseau.

  • Les espèces de montagne des Andes et d’autres massifs subissent des nuits froides toute l’année et semblent beaucoup compter sur la torpeur.
  • Les hivernants comme le colibri d’Anna, qui reste l’hiver le long de la côte pacifique jusqu’en Colombie-Britannique, utiliseraient la torpeur les nuits de gel. Notre fiche sur le colibri d’Anna décrit ses habitudes hivernales.
  • Les migrateurs comme le colibri à gorge rubis et le colibri roux accumulent des graisses avant la migration. Certains travaux suggèrent qu’ils pourraient utiliser la torpeur en migration pour préserver ces réserves, mais c’est moins bien étudié. Notre fiche sur le colibri à gorge rubis précise son calendrier de migration.

D’autres oiseaux utilisent-ils la torpeur ?

Oui, même si les colibris en sont l’exemple le plus connu. Plusieurs engoulevents, martinets, colious et quelques petits passereaux peuvent entrer en torpeur. L’engoulevent de Nuttall, dans l’ouest de l’Amérique du Nord, va plus loin et peut rester en torpeur pendant de longues périodes en hiver, ce qui se rapproche d’une véritable hibernation, chose presque inconnue chez les autres oiseaux.

La torpeur est-elle une hibernation ?

Les deux sont proches et relèvent de ce que les physiologistes appellent l’hétérothermie : l’animal laisse baisser sa température au lieu de la maintenir constante. La grande différence tient à la durée. L’hibernation, comme chez la marmotte, le hérisson ou le loir, dure des jours ou des semaines, souvent tout l’hiver avec de brefs réveils. La torpeur du colibri est quotidienne : elle occupe une partie de la nuit et s’achève chaque matin. C’est un pont nocturne d’un repas à l’autre.

Les colibris dorment-ils le jour ?

Pas vraiment. Ils passent une grande partie de la journée perchés entre deux courtes séances d’alimentation, souvent immobiles longtemps, à surveiller fleurs ou abreuvoirs. Ce repos n’est pas du sommeil, et ils restent vigilants. Le sommeil ordinaire et la torpeur ont lieu la nuit.

Certains oiseaux, comme les canards et les frégates, peuvent dormir avec une moitié du cerveau pendant que l’autre reste en éveil, ce qu’on appelle le sommeil unihémisphérique. Chez les colibris, la question a été peu étudiée : mieux vaut la considérer comme ouverte.

Idées reçues sur le sommeil des colibris

Idée reçue : un colibri immobile à l’aube est mort ou mourant. En réalité : il est très probablement en torpeur et récupère en général en moins d’une heure.

Idée reçue : les colibris dorment dans leur nid. En réalité : seules les femelles qui couvent ou réchauffent leurs petits le font. Les autres dorment sur des branches.

Idée reçue : les colibris ne s’arrêtent jamais. En réalité : ils passent une bonne partie de la journée perchés et dorment chaque nuit.

Idée reçue : les colibris migrent sur le dos des oies. En réalité : cette vieille histoire est fausse. Ils migrent par leurs propres moyens.

Idée reçue : laisser un abreuvoir à l’automne empêche les colibris de migrer. En réalité : la migration est déclenchée surtout par la durée du jour et des rythmes internes, pas par la nourriture. Les abreuvoirs aident les retardataires à refaire le plein.

Ce que cela change si vous observez des colibris

Ces conseils concernent les lecteurs qui vivent là où les colibris sont présents, du Canada à l’Amérique latine.

Que faire si l’on trouve un colibri en torpeur ?

Dans la plupart des cas, rien :

  1. Observez à distance. Si l’oiseau est sur un perchoir ou un abreuvoir, sans danger immédiat, laissez-le. La plupart se réchauffent et s’envolent dans l’heure qui suit l’aube.
  2. N’essayez pas de le nourrir ni de le réveiller. Le manipuler peut le stresser et gêner son réchauffement.
  3. S’il est au sol ou en danger (à cause d’un chat, par exemple) et toujours inerte plus tard dans la matinée, contactez un centre de réhabilitation de la faune agréé. Notre guide sur que faire d’un oiseau blessé explique les étapes.

Aider les colibris à refaire le plein

  • Gardez les abreuvoirs propres et le nectar frais. Les colibris se nourrissent beaucoup juste avant la nuit et peu après l’aube. Notre recette de nectar pour colibris détaille le mélange classique de 4 volumes d’eau pour 1 volume de sucre blanc.
  • Choisissez des abreuvoirs faciles à nettoyer, car le nectar se gâte vite par temps chaud. Voir notre sélection d’abreuvoirs à colibris.
  • Dans les régions à hiver doux où des colibris hivernent, certains rentrent l’abreuvoir la nuit pour l’empêcher de geler et le ressortent avant l’aube.
  • Plantez des arbustes locaux denses, qui offrent des perchoirs abrités pour la nuit et des insectes. Voir aussi où vont les oiseaux la nuit.

Erreurs courantes

  • Ramasser un colibri en torpeur et le rentrer à l’intérieur alors qu’il se serait rétabli sur place.
  • Laisser les abreuvoirs vides ou le nectar tourner en fin d’été, quand les colibris font leurs réserves pour la migration.
  • Supprimer les arbustes denses qui leur servent d’abri la nuit.

L’essentiel à retenir

  • Les colibris dorment chaque nuit et entrent souvent en torpeur.
  • Leur température diurne normale est d’environ 40 °C ; une espèce andine a été mesurée à environ 3 °C en torpeur.
  • Leur cœur peut battre à plus de 1 000 fois par minute en activité et ralentit fortement en torpeur.
  • Le réchauffement par frissons prend d’environ 20 minutes à une heure.
  • Un colibri suspendu la tête en bas à l’aube est en général en torpeur, pas mort.
  • Les colibris sauvages ne vivent qu’en Amérique ; en Europe, le « colibri » du jardin est le moro-sphinx.

Sources

Les plus lus

Questions fréquentes

Les colibris dorment-ils la nuit ?

Oui. Les colibris sont actifs le jour et dorment la nuit, en général perchés sur une fine brindille abritée dans une végétation dense. Beaucoup de nuits, surtout quand il fait froid ou que leurs réserves sont basses, ils vont plus loin et entrent en torpeur, un état profond proche du sommeil dans lequel la température corporelle, le rythme cardiaque et la respiration baissent fortement pour économiser de l'énergie.

Qu'est-ce que la torpeur chez le colibri ?

La torpeur est une baisse contrôlée du métabolisme. Un colibri en torpeur laisse sa température descendre bien en dessous de son niveau diurne habituel, d'environ 40 °C, tandis que son cœur et sa respiration ralentissent énormément. Sa dépense d'énergie nocturne diminue alors nettement. Le matin, il se réchauffe surtout en faisant frissonner ses muscles de vol, ce qui peut prendre plusieurs dizaines de minutes.

Pourquoi un colibri pend-il la tête en bas ?

Un colibri suspendu la tête en bas à un perchoir ou à un abreuvoir, la nuit ou tôt le matin, est très probablement en torpeur. Ses pattes restent agrippées pendant que son corps se relâche, si bien qu'il peut basculer. Il n'est en général ni mort ni blessé. Laissez-le tranquille : il se réchauffe normalement et s'envole dès que sa température remonte.

Où dorment les colibris ?

La plupart des colibris dorment seuls sur une petite branche abritée, dans un arbre ou un arbuste, souvent à l'abri du vent et de la pluie. Ils n'utilisent pas leur nid comme lit. L'exception est la femelle qui couve ses œufs ou réchauffe de jeunes poussins : elle reste sur le nid toute la nuit pour les garder au chaud.

Y a-t-il des colibris en France ?

Non. Les colibris sauvages ne vivent que sur le continent américain, de l'Alaska et du Canada jusqu'à la Terre de Feu. Le « colibri » que l'on croit voir butiner les fleurs en France, en Belgique ou en Suisse est presque toujours le moro-sphinx, un papillon de jour qui vole en vol stationnaire devant les fleurs avec une longue trompe. En revanche, les colibris sont bien présents au Québec et dans le reste du Canada en été.