Qu'est-ce qu'une murmuration d'étourneaux ?

Qu'est-ce qu'une murmuration ? Un immense vol d'étourneaux qui tourbillonne au crépuscule avant le dortoir. Comment ça marche, pourquoi et où l'observer.

Un immense vol d'étourneaux formant un nuage sombre et tourbillonnant au-dessus d'une roselière au coucher du soleil (illustration IA)
Illustration générée par IA, pas une photo
Dans cet article
  1. Réponse rapide : qu’est-ce qu’une murmuration ?
  2. Quels oiseaux forment des murmurations ?
  3. Quand et où voir une murmuration ?
  4. Comment des milliers d’étourneaux bougent-ils comme un seul ?
  5. Pourquoi les étourneaux font-ils des murmurations ?
  6. Idées reçues et réalité
  7. Quel bruit fait une murmuration ?
  8. Les murmurations sont-elles en déclin ?
  9. Et pour l’observateur au jardin ?
  10. Comment bien observer une murmuration
  11. Quelle différence avec un vol en V ?
  12. En bref
  13. Sources
  14. Questions fréquentes

Une murmuration est un immense vol d’étourneaux qui évolue en formes serrées, changeantes, semblables à un nuage, au-dessus de leur dortoir juste avant la nuit. Des milliers, voire des centaines de milliers d’oiseaux se tordent et pulsent comme un seul animal, puis se déversent dans des roseaux, des arbres ou des bâtiments pour dormir. Ce ballet semble surtout lié à la protection contre les prédateurs, et il fonctionne parce que chaque oiseau ne suit qu’environ 6 ou 7 voisins proches, selon une étude de 2008 menée au-dessus de Rome.

Le mot vient de l’anglais murmuration, lui-même tiré du doux murmure de milliers de battements d’ailes. Il désigne depuis la fin du Moyen Âge un groupe d’étourneaux, et s’emploie aujourd’hui en français pour le spectacle lui-même, qu’on appelle aussi ballet ou nuée d’étourneaux.

Réponse rapide : qu’est-ce qu’une murmuration ?

  • Qui : surtout l’étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris). Certains limicoles, comme le bécasseau variable et le bécasseau maubèche, font des vols synchronisés comparables.
  • Quand : surtout de la fin de l’automne à l’hiver en Europe, au crépuscule, juste avant l’entrée au dortoir collectif.
  • Où : au-dessus de roselières, de marais, de bois, de jetées et de bâtiments urbains qui servent de dortoirs.
  • Pourquoi : l’explication principale est la protection contre les prédateurs comme les faucons et les éperviers, le rassemblement au dortoir et le partage d’information étant des pistes complémentaires.
  • Comment : chaque oiseau réagit à environ six ou sept voisins, et ces réactions locales se propagent très vite dans tout le groupe.

Quels oiseaux forment des murmurations ?

La murmuration classique est celle de l’étourneau sansonnet, un passereau trapu à queue courte qui paraît noir de loin mais brille de reflets violets et verts en bonne lumière. Originaire d’Europe, d’Asie occidentale et d’Afrique du Nord, il a été introduit en Amérique du Nord, en Afrique australe, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans une partie de l’Amérique du Sud. Après le lâcher d’une centaine d’oiseaux dans Central Park, à New York, en 1890 et 1891, l’espèce a gagné tout le continent.

Les étourneaux sont très sociables. Ils se nourrissent en groupes lâches sur les pelouses et les prairies, en sondant le sol à la recherche de larves et d’insectes. Hors saison de reproduction, beaucoup se rassemblent chaque soir dans des dortoirs communs. La murmuration est le prélude aérien de ce dortoir.

D’autres oiseaux offrent des spectacles proches :

  • Les limicoles. Les vols de bécasseaux variables, de bécasseaux maubèches et d’autres petits échassiers tournoient au-dessus des estuaires, faisant alterner ventres clairs et dos sombres à chaque virage. Sur les reposoirs de marée haute des grandes baies, en France comme ailleurs, ces vols rappellent fortement les murmurations d’étourneaux.
  • Le travailleur à bec rouge. Ce petit tisserin africain forme certains des plus grands vols d’oiseaux au monde, qui roulent sur la savane en nuages denses.
  • Carouges et quiscales. En Amérique du Nord, les dortoirs d’hiver mêlant carouges, quiscales, vachers et étourneaux produisent au crépuscule de longs flux et des vols tourbillonnants, généralement moins chorégraphiés.

Pigeons, perruches et canards volent aussi en groupes coordonnés, mais atteignent rarement la densité et la fluidité des étourneaux.

Quand et où voir une murmuration ?

Quelle période de l’année ?

En France, en Belgique et dans une grande partie du nord-ouest de l’Europe, la murmuration est un phénomène de saison froide. Aux étourneaux sédentaires s’ajoutent à l’automne des migrateurs venus de Scandinavie, des pays baltes et de plus à l’est, qui gonflent les dortoirs. Les ballets se développent en général à partir d’octobre, sont souvent les plus impressionnants au cœur de l’hiver et s’estompent au printemps, quand les oiseaux partent nicher. Le calendrier exact dépend de la météo, de la nourriture et du sort de chaque dortoir.

Le Danemark offre une variante célèbre. Dans les marais de la mer des Wadden, au sud-ouest du Jutland, les étourneaux en migration de printemps et d’automne produisent des ballets appelés « sort sol », le soleil noir, parce que la masse d’oiseaux semble assombrir le ciel du soir.

À quelle heure ?

Au crépuscule. Les étourneaux se nourrissent le jour, parfois à des kilomètres du dortoir, puis reviennent par petits groupes qui fusionnent au-dessus du site. Le ballet dure de quelques minutes à une demi-heure environ. Puis, souvent d’un coup, le vol s’engouffre dans la végétation. Pour en profiter, arrivez environ 45 minutes avant le coucher du soleil et restez jusqu’à ce que les oiseaux soient posés.

Où se forment les murmurations ?

Un dortoir doit offrir abri et sécurité. Les choix fréquents :

  • Les grandes roselières et les marais, difficiles d’accès pour les prédateurs terrestres.
  • Les plantations de conifères et les bois denses.
  • Les jetées et les ponts en bord de mer, qui offrent des corniches abritées au-dessus de l’eau.
  • Les bâtiments et les arbres d’alignement en ville, où la chaleur urbaine aide peut-être par nuit froide.

Parmi les sites européens connus figurent les roselières des Somerset Levels et les jetées de la côte sud de l’Angleterre, la région du Solway près de Gretna, à la frontière écossaise, ainsi que les dortoirs urbains de Rome. En France, des dortoirs se forment chaque hiver dans des roselières, des bois et des villes, mais ils changent d’une année à l’autre : fiez-vous aux observations récentes des associations locales plutôt qu’à la réputation passée d’un site.

Comment des milliers d’étourneaux bougent-ils comme un seul ?

C’est la question qui a attiré physiciens, mathématiciens et biologistes vers les étourneaux. Il n’y a pas de chef. Aucun oiseau ne connaît la forme de l’ensemble du vol. Le motif émerge de règles locales simples suivies par chaque individu.

Quelles règles suit chaque étourneau ?

En 1987, le chercheur en images de synthèse Craig Reynolds a montré qu’on pouvait simuler des vols réalistes avec trois règles appliquées à chaque oiseau virtuel, qu’il appelait « boids » :

  1. Séparation : ne pas s’approcher trop de ses voisins.
  2. Alignement : s’orienter vers la direction moyenne des oiseaux proches.
  3. Cohésion : se rapprocher de la position moyenne des oiseaux proches.

Les vrais étourneaux sont plus complexes, mais ces règles capturent l’idée centrale : la coordination est locale, et pourtant l’ordre apparaît à l’échelle du vol entier.

Combien de voisins chaque étourneau surveille-t-il ?

Une étude de référence publiée en 2008 dans les PNAS a utilisé des caméras synchronisées pour reconstituer en trois dimensions la position de chaque étourneau dans des vols au-dessus de Rome. L’équipe, issue du projet européen STARFLAG mené par des physiciens italiens, a montré que chaque oiseau interagit avec un nombre fixe de voisins, en moyenne six ou sept, et non avec tous les oiseaux situés à une certaine distance.

La nuance compte. Une règle fondée sur la distance, dite « métrique », échouerait quand le vol s’étire, car certains oiseaux n’auraient soudain plus de voisins à portée. Une règle fondée sur un nombre de voisins, dite « topologique », fonctionne que le vol soit compact ou étalé. Selon les chercheurs, cela aide le groupe à rester soudé quand un prédateur le force à se dilater et se contracter.

Pourquoi tout le vol réagit-il en même temps ?

Une étude de suivi publiée en 2010, également dans les PNAS, a montré que les changements de vitesse et de direction d’un oiseau sont corrélés à ceux des autres oiseaux dans tout le vol, quelle que soit sa taille. Les physiciens parlent de corrélations « sans échelle ». Autrement dit, l’information sur un virage ne se perd pas en passant d’oiseau en oiseau. Une perturbation sur un bord peut traverser des dizaines de milliers d’oiseaux en une seconde environ, voire moins.

Les bandes sombres qui semblent onduler dans une murmuration font partie de ce tableau. Des chercheurs qui ont étudié des étourneaux attaqués par des faucons pèlerins à Rome ont décrit des « vagues d’agitation » : les oiseaux s’inclinent brièvement ou esquivent, et le mouvement se propage comme une ola dans un stade. En s’inclinant, les oiseaux montrent davantage la face sombre de leurs ailes, d’où cette bande plus foncée qui traverse le nuage.

Le vol est-il au bord d’un point de bascule ?

Certains physiciens estiment que les vols d’étourneaux se comportent comme des systèmes proches d’un état « critique », où de petites perturbations déclenchent des réponses collectives rapides et amples. C’est un domaine de recherche actif, et tous les chercheurs n’adhèrent pas à ce cadre. Ce qui est bien établi, c’est que le vol réagit bien plus vite que ne le pourrait un oiseau isolé qui devrait voir le prédateur lui-même.

Pourquoi les étourneaux font-ils des murmurations ?

Les explications reposent sur l’observation du comportement, des prédateurs et sur la modélisation. Plusieurs idées jouent probablement ensemble.

Pour échapper aux prédateurs ?

C’est l’explication principale. Faucons, éperviers et busards chassent souvent aux dortoirs, et un prédateur doit isoler une cible. Un vol dense et changeant rend cela très difficile : c’est l’effet de confusion. Chaque étourneau profite aussi de la dilution : dans un vol de 50 000 oiseaux, la probabilité qu’un individu donné soit pris lors d’une attaque est minime. Les oiseaux au centre sont plus en sécurité que ceux du bord, ce qui explique en partie la densité du groupe.

Une étude de sciences participatives publiée en 2017 dans PLOS ONE, fondée sur des milliers de signalements du public, surtout au Royaume-Uni, a montré que les ballets avaient tendance à être plus grands et plus longs en présence de prédateurs. Les auteurs y voient un appui à l’hypothèse des prédateurs, tout en rappelant les limites des données d’observation.

Pour se rassembler au dortoir ?

Probablement, au moins en partie. Les oiseaux arrivent de nombreuses directions par petits groupes, et un grand vol visible pourrait servir de balise pour attirer les retardataires. Certains chercheurs suggèrent aussi que le ballet aide les oiseaux à évaluer combien d’autres sont présents, mais c’est plus difficile à tester.

Le dortoir est-il un centre d’information ?

L’hypothèse du « centre d’information » propose que les dortoirs communs aident les oiseaux à apprendre où se trouvent les bons sites d’alimentation, en suivant le matin ceux qui ont réussi. Les preuves sont mitigées selon les espèces. Cela peut expliquer une partie de l’intérêt du dortoir, sans expliquer le ballet aérien.

Pour se tenir chaud ?

Dormir en grands groupes dans des sites abrités réduit sans doute les pertes de chaleur la nuit. Mais c’est un bénéfice du dortoir, pas du vol tourbillonnant qui le précède. Pour aller plus loin, voir notre guide sur comment les oiseaux se protègent du froid.

Idées reçues et réalité

AffirmationCe que disent les données
Un oiseau chef dirige le vol.Faux. Il n’y a pas de chef, le motif émerge de règles locales.
Chaque étourneau surveille tout le vol.Faux. À Rome, chaque oiseau suit environ six ou sept voisins.
Il y a des murmurations toute l’année.Plutôt faux. Les grands ballets ont lieu hors reproduction, surtout en automne et en hiver en Europe.
Les vagues sombres sont des oiseaux qui se resserrent.En partie vrai. La densité joue, mais l’assombrissement vient beaucoup des oiseaux qui s’inclinent.
Les murmurations sont un jeu.Inconnu et peu probable comme moteur principal. La protection contre les prédateurs est l’hypothèse la mieux étayée.
Seuls les étourneaux le font.Faux. Des limicoles et d’autres espèces font des vols synchronisés proches.

Quel bruit fait une murmuration ?

Près d’un grand dortoir, on comprend d’où vient le nom. Le vol produit un grondement doux et ondulant d’ailes quand il passe au-dessus de vous, qui enfle et retombe au gré des virages. Une fois les oiseaux posés, roseaux et arbres éclatent en un bavardage de sifflements, de claquements et de grincements qui peut durer bien après la nuit tombée. Les étourneaux sont d’excellents imitateurs, et le chœur du dortoir peut contenir des bribes de cris d’autres oiseaux, voire des sons mécaniques.

Les murmurations sont-elles en déclin ?

Dans une partie de l’Europe, sans doute, même si chaque dortoir connaît des hauts et des bas pour des raisons locales. L’étourneau sansonnet a fortement décliné au Royaume-Uni depuis les années 1970 et figure sur la liste rouge britannique. Parmi les causes avancées : les changements agricoles, la perte de prairies permanentes où il cherche les invertébrés du sol, et une survie plus faible des jeunes, sans consensus sur le poids de chacune. Des déclins comparables sont signalés dans d’autres pays du nord de l’Europe, et le suivi des oiseaux communs mené en France par Vigie-Nature permet de suivre l’évolution de l’espèce chez nous.

En Amérique du Nord, la situation est différente : l’étourneau y est une espèce introduite très répandue, qui reste abondante malgré une baisse depuis son pic. Pour le contexte général, lisez pourquoi les populations d’oiseaux déclinent.

Et pour l’observateur au jardin ?

Au jardin, on croise surtout les étourneaux à la mangeoire. Ils arrivent en groupe, mangent vite et peuvent vider un pain de graisse en un après-midi : c’est le même comportement social qui alimente la murmuration. S’ils envahissent vos mangeoires, voir comment éloigner étourneaux et pigeons des mangeoires.

Quelques façons de relier le jardin au grand spectacle :

  1. Observez les trajets du soir. Les après-midi d’hiver, repérez les petits groupes d’étourneaux qui volent d’un pas décidé dans la même direction vers le coucher du soleil. Ils rejoignent souvent un dortoir, et suivre leur ligne peut vous mener à une murmuration.
  2. Notez vos observations. Saisir la taille et la date des dortoirs sur eBird ou Faune-France aide les chercheurs à suivre leur évolution. Notre guide pour utiliser eBird explique comment faire.
  3. Surveillez les prédateurs. Si un épervier d’Europe chasse à vos mangeoires, vous voyez une version miniature de la pression qui pousse les oiseaux à se grouper. Voici que faire face à un épervier à la mangeoire.
  4. Comprenez le vol en groupe. La murmuration est un cas extrême d’une habitude plus large. Pour toute la science du sujet, lisez pourquoi les oiseaux volent en groupe.

Comment bien observer une murmuration

C’est gratuit, mais un peu de préparation fait la différence entre une belle soirée et des pieds gelés devant un marais vide.

  1. Vérifiez les observations récentes. Les dortoirs bougent. Cherchez les signalements de la semaine auprès de la LPO locale ou sur les sites de saisie naturaliste.
  2. Arrivez tôt. Visez 45 minutes à une heure avant le coucher du soleil.
  3. Choisissez votre point de vue. Placez-vous face à un ciel dégagé au-dessus du dortoir, idéalement avec le couchant derrière les oiseaux pour des silhouettes nettes.
  4. Habillez-vous pour rester immobile. Le crépuscule d’hiver est froid. Notre guide comment s’habiller pour observer les oiseaux détaille les couches.
  5. Restez discret et à distance. N’approchez pas du dortoir et n’utilisez ni lampes ni drones à proximité. Le dérangement peut disperser des oiseaux qui ont besoin d’une nuit sûre.
  6. Regardez les bords. Cherchez un faucon ou un épervier près du vol. Lors d’une attaque, le vol se scinde, se contracte ou fait passer une vague sombre.
  7. Restez jusqu’à la descente. La plongée finale dans le dortoir, parfois une véritable cascade d’oiseaux, est souvent le moment le plus spectaculaire.

Quelle différence avec un vol en V ?

Les deux sont des vols coordonnés, mais ils répondent à des problèmes différents. Les oies, les grues et les ibis en V économisent probablement de l’énergie en profitant de l’air ascendant créé par les tourbillons en bout d’aile de l’oiseau précédent. Les étourneaux en murmuration ne font pas ce type d’économie : serrés en trois dimensions et changeant sans cesse de direction, ils sont organisés pour esquiver les prédateurs, pas pour voyager loin efficacement. Pour en savoir plus : pourquoi les oiseaux volent en V.

En bref

  • Une murmuration est un ballet aérien avant le dortoir, surtout chez l’étourneau sansonnet.
  • Le nom vient du murmure des ailes en masse.
  • Elle a lieu au crépuscule, surtout en fin d’automne et en hiver en Europe.
  • Chaque étourneau suit environ six ou sept voisins, pas une distance fixe.
  • Les changements de direction traversent presque instantanément tout le vol.
  • L’explication la plus solide est la protection contre les prédateurs, par confusion et dilution.
  • Des limicoles comme le bécasseau variable font des vols comparables au-dessus des estuaires.
  • L’étourneau sansonnet a fortement décliné au Royaume-Uni depuis les années 1970.

Sources

Les plus lus

Questions fréquentes

À quelle période de l'année voit-on des murmurations ?

En Europe, les murmurations sont surtout un phénomène de fin d'automne et d'hiver. Elles se développent à partir d'octobre environ, culminent souvent pendant les mois froids, puis s'estompent au début du printemps quand les oiseaux se dispersent pour nicher. Le calendrier varie selon le lieu et la météo. Au Danemark, les célèbres « soleils noirs » de la mer des Wadden sont surtout connus au printemps et en automne.

À quelle heure commencent les murmurations ?

Les murmurations ont lieu au crépuscule. Les étourneaux passent la journée à se nourrir dans les champs et les villes, puis se rassemblent au-dessus du dortoir dans la dernière heure avant le coucher du soleil. Le ballet aérien dure de quelques minutes à une demi-heure environ, puis le groupe plonge dans les roseaux, les arbres ou les bâtiments. Arriver 45 minutes avant le coucher du soleil est une bonne règle.

Combien d'oiseaux compte une murmuration ?

Cela varie énormément. Une petite murmuration peut réunir quelques centaines d'étourneaux, alors que les grands dortoirs d'hiver en Europe sont souvent estimés à des dizaines ou des centaines de milliers d'oiseaux, et certains dortoirs historiques auraient compté des millions d'individus. Ce sont des estimations grossières, car un vol en mouvement est très difficile à compter : prenez tout chiffre spectaculaire avec prudence.

Y a-t-il des murmurations en Amérique du Nord ?

Oui. L'étourneau sansonnet a été introduit en Amérique du Nord dans les années 1890 et forme aujourd'hui des dortoirs sur une grande partie du continent, y compris au Québec. Des murmurations s'y produisent donc, surtout en automne et en hiver. Elles sont moins célèbres qu'en Europe, et les dortoirs nord-américains mélangent souvent étourneaux, carouges et quiscales.

Pourquoi les étourneaux ne se percutent-ils pas ?

Chaque étourneau réagit à un petit nombre de voisins proches, environ six ou sept selon des études en 3D menées sur des vols au-dessus de Rome. Il ajuste sa vitesse et sa direction sur les leurs tout en gardant un espacement minimal. Des réactions rapides et une excellente perception du mouvement permettent à ces ajustements locaux de se propager dans tout le groupe sans collision, même à très forte densité.

Les murmurations diminuent-elles ?

Dans une partie de l'Europe, probablement oui. L'étourneau sansonnet a fortement décliné au Royaume-Uni et dans plusieurs autres pays depuis les années 1970, et il figure sur la liste rouge britannique des espèces les plus préoccupantes. Les dortoirs se déplacent aussi d'une année à l'autre : un site plus calme a peut-être simplement perdu ses oiseaux au profit d'un dortoir voisin.