Pourquoi les oiseaux cachent-ils leur nourriture ?

Pourquoi les oiseaux cachent leur nourriture ? Pour tenir en période de disette. Geais, mésanges, sittelles et cassenoix stockent des milliers de graines.

Une mésange glissant une graine de tournesol dans une fissure d'écorce en hiver (illustration IA)
Illustration générée par IA, pas une photo
Dans cet article
  1. Réponse rapide : pourquoi les oiseaux font des réserves
  2. Que signifie faire des réserves pour un oiseau ?
  3. Quelles sont les deux grandes façons de stocker ?
  4. Quels oiseaux stockent le plus ?
  5. Comment les oiseaux retrouvent-ils leurs cachettes ?
  6. Les oiseaux se volent-ils leurs réserves ?
  7. Pourquoi les oiseaux font-ils des réserves à la mangeoire ?
  8. Les caches oubliées plantent-elles vraiment des forêts ?
  9. Quand les oiseaux stockent-ils le plus ?
  10. Comment observer les réserves au jardin ?
  11. Idées reçues sur les réserves des oiseaux
  12. Un tour du monde des réserves
  13. En bref
  14. Sources
  15. Questions fréquentes

Les oiseaux cachent leur nourriture pour survivre aux périodes où elle se fait rare ou difficile d’accès. En dissimulant graines, fruits secs, insectes ou proies quand la nourriture abonde, des espèces comme le geai des chênes, les mésanges, la sittelle torchepot ou le cassenoix moucheté se constituent un garde-manger privé dans lequel puiser lors des vagues de froid, sous la neige et pendant les longues nuits d’hiver. Beaucoup se souviennent de milliers de cachettes, et des expériences de 1998 ont montré que des geais retiennent aussi leur contenu.

Ce comportement est l’un des plus étudiés en ornithologie, car il relie écologie, mémoire et même plantation des forêts. Ce guide explique pourquoi les oiseaux le font, les différentes façons de stocker, comment ils s’y retrouvent et ce que vous pouvez observer à votre propre mangeoire.

Réponse rapide : pourquoi les oiseaux font des réserves

RaisonCe que cela apporteExemples typiques
Passer l’hiverLa nourriture stockée en automne est mangée quand les ressources s’épuisentMésanges, sittelles, geais
Faire face au mauvais tempsLes réserves font le pont pendant les tempêtes, la neige et les jours courtsMésange noire, mésange nonnette
Nourrir les jeunes tôtLes réserves soutiennent une nidification précoceCassenoix moucheté, mésangeai du Canada
Manger vite et en sécuritéSe servir rapidement, manger plus tard à l’abriBeaucoup de mésanges et de geais aux mangeoires
Profiter d’une abondance brèveGlands, graines de pin ou proies stockés avant de disparaîtreGeai des chênes, pies-grièches, pic glandivore

Que signifie faire des réserves pour un oiseau ?

Cela signifie stocker de la nourriture pour plus tard au lieu de la manger tout de suite. Le comportement va de la mésange qui glisse une graine dans l’écorce et la mange une heure plus tard au cassenoix moucheté qui enterre des dizaines de milliers de graines de pin sur tout un versant de montagne et les récupère des mois après.

Faire des réserves est payant partout où la nourriture est irrégulière dans le temps. Une récolte automnale de glands ou de graines de pin ne dure que quelques semaines avant d’être mangée, de pourrir ou de germer. Une journée d’hiver froide ne laisse parfois que huit ou neuf heures de lumière pour se nourrir. La neige peut ensevelir la nourriture en une nuit. Un oiseau qui a stocké à l’avance est assuré contre tout cela.

Quelles sont les deux grandes façons de stocker ?

Les biologistes distinguent deux grandes stratégies.

Les réserves dispersées

Les oiseaux qui dispersent leurs réserves répartissent la nourriture dans de nombreuses petites caches, souvent un seul élément par endroit. C’est le cas des mésanges, des sittelles, des geais et des cassenoix. La dispersion réduit le risque de tout perdre au profit d’un seul voleur, qu’il s’agisse d’un écureuil, d’un mulot ou d’un autre oiseau. Le prix à payer, c’est la mémoire : l’oiseau doit se souvenir de nombreux endroits distincts.

Les garde-manger concentrés

D’autres oiseaux stockent de grandes quantités en un seul endroit ou quelques-uns, et les défendent souvent. Le pic glandivore de l’ouest de l’Amérique du Nord en est l’exemple classique. Des groupes familiaux forent des centaines, voire des milliers de petits trous dans un arbre « grenier », un chicot ou un poteau en bois, puis coincent un gland dans chacun. Le groupe défend son grenier contre les geais et les écureuils, et déplace les glands vers des trous plus ajustés à mesure qu’ils sèchent et rétrécissent.

Les pies-grièches utilisent un autre type de garde-manger. La pie-grièche écorcheur, la pie-grièche grise et, en Amérique du Nord, la pie-grièche migratrice empalent insectes, lézards, souris et petits oiseaux sur des épines ou des barbelés : ce sont les fameux « lardoirs ». Cela permet à un passereau dépourvu des serres d’un rapace de dépecer sa proie, tout en stockant de la nourriture pour plus tard.

Quels oiseaux stockent le plus ?

Les cassenoix : les champions

Le cassenoix moucheté des forêts de montagne d’Europe, présent en France dans les Alpes et le Jura, est un grand spécialiste. En fin d’été et en automne, il récolte les graines du pin cembro, ou arolle, et d’autres conifères, les transporte dans une poche sous la langue et les enterre par petits lots. Son cousin nord-américain, le cassenoix d’Amérique, est le plus étudié : un seul oiseau peut stocker des dizaines de milliers de graines de pin en une saison. Les recherches suggèrent que les cassenoix retrouvent une grande partie de leurs caches des mois plus tard, parfois sous la neige, et s’en servent pour passer l’hiver et nourrir leurs poussins au printemps.

Les geais et les autres corvidés

Le geai des chênes, commun dans toute la France, transporte glands, faînes et noisettes, souvent plusieurs à la fois dans son jabot extensible, et les enterre dans la litière de feuilles ou le sol. Des études menées en Europe indiquent qu’un seul geai peut cacher plusieurs milliers de glands en un automne. Il est considéré comme l’un des principaux planteurs naturels de chênaies en Europe. En Amérique du Nord, le geai bleu joue exactement le même rôle.

Les pies, les grands corbeaux, les corneilles et les corbeaux freux font aussi des réserves, surtout de viande ou de pain en surplus. Pour en savoir plus sur l’intelligence de ces oiseaux, voyez notre article sur l’intelligence des corbeaux.

Le mésangeai du Canada : des réserves collées

Le mésangeai du Canada, des forêts boréales et de montagne, enrobe sa nourriture d’une salive épaisse et collante et la fixe dans les fissures d’écorce et le feuillage des conifères, au-dessus du niveau de la neige. Ces réserves l’aident à survivre à des hivers très en dessous de zéro, et lui permettent même de commencer à nicher en fin d’hiver, quand la neige couvre encore le sol.

Mésanges et sittelles

Les petits oiseaux forestiers sont de grands adeptes des réserves dispersées. En Europe, la mésange nonnette, la mésange boréale, la mésange noire et la mésange huppée cachent graines et insectes en automne et en hiver. La sittelle torchepot coince des graines dans l’écorce et les enfonce à coups de bec, les recouvrant parfois d’un fragment d’écorce ou de lichen. Des études suggèrent que ces petits oiseaux peuvent stocker des centaines, voire des milliers d’éléments par saison, la plupart récupérés en quelques jours ou semaines.

Toutes les mésanges ne stockent pas. La mésange charbonnière et la mésange bleue cachent peu de nourriture comparées à la nonnette et à la mésange noire, ce qui en fait un bon terrain de comparaison pour les chercheurs.

Chouettes et autres prédateurs

Plusieurs rapaces nocturnes stockent des proies. La chevêchette d’Europe et la chouette de Tengmalm entreposent souris et campagnols dans des cavités d’arbres pendant les périodes froides. Certains faucons, dont le faucon crécerelle, cachent aussi des proies dans des touffes d’herbe, des anfractuosités ou sur des branches.

Comment les oiseaux retrouvent-ils leurs cachettes ?

C’est là que les réserves deviennent une histoire de cerveau.

Mémoire spatiale et repères

Les expériences menées sur les mésanges, les geais et les cassenoix montrent que ces oiseaux comptent sur leur mémoire, et non sur l’odorat ou une recherche au hasard, pour retrouver leurs réserves. Quand les chercheurs déplacent des repères près des caches, les oiseaux cherchent au mauvais endroit de façon prévisible, ce qui prouve qu’ils s’orientent grâce à ces repères. Les cassenoix semblent utiliser de grands repères, rochers ou arbres, et trianguler à partir de plusieurs à la fois.

Un hippocampe plus développé

L’hippocampe est la région du cerveau de l’oiseau la plus liée à la mémoire spatiale. Des études comparant des dizaines d’espèces ont montré que les oiseaux qui stockent ont en général un hippocampe relativement plus grand que des espèces proches qui ne stockent pas. Chez les mésanges, les recherches suggèrent même que l’hippocampe varie avec les saisons, avec de nouveaux neurones ajoutés en automne quand le stockage bat son plein. Les mésanges vivant dans des milieux rudes et enneigés, au nord ou en altitude, tendent à avoir un hippocampe plus grand et une meilleure mémoire spatiale que celles des régions plus douces.

Se souvenir du quoi et du quand

Les résultats les plus frappants viennent du geai buissonnier de Californie. Dans des expériences de laboratoire publiées dans Nature en 1998, Nicola Clayton et Anthony Dickinson ont montré que ces geais se souvenaient non seulement de l’endroit où ils avaient caché la nourriture, mais aussi de sa nature et du temps écoulé depuis. Les oiseaux préféraient récupérer des larves périssables si peu de temps avait passé, mais se reportaient sur des cacahuètes non périssables quand le délai était assez long pour que les larves se soient gâtées. On y a vu une mémoire « de type épisodique », longtemps jugée propre à l’humain.

Les oiseaux se volent-ils leurs réserves ?

Constamment, et cela a façonné leurs stratégies. Le pillage des caches est courant chez les geais, les corneilles, les grands corbeaux et les mésanges, ainsi que chez les rongeurs.

Les oiseaux stockeurs ont plusieurs parades :

  1. Cacher à l’abri des regards. Beaucoup de geais et de grands corbeaux préfèrent cacher leur nourriture derrière un obstacle ou à l’ombre quand d’autres les observent.
  2. Déplacer les caches. Des geais buissonniers observés pendant qu’ils cachaient reviennent souvent plus tard, seuls, pour déplacer la nourriture. Dans une étude célèbre de 2001, Nathan Emery et Nicola Clayton ont montré que les geais ayant eux-mêmes déjà volé étaient les plus enclins à le faire, comme s’ils comprenaient le risque à partir de leur propre comportement.
  3. Disperser les caches. Des réserves dispersées rendent plus difficile le pillage complet des provisions d’un oiseau.
  4. Tromper. On a vu des grands corbeaux faire semblant de cacher de la nourriture ou éloigner les observateurs des vraies caches.

Pourquoi les oiseaux font-ils des réserves à la mangeoire ?

Une mangeoire pleine de graines ressemble à une récolte d’automne inépuisable. Les oiseaux programmés pour stocker en profitent. C’est pourquoi vous voyez :

  • des mésanges prendre une graine, s’envoler et revenir aussitôt. Beaucoup de ces graines sont cachées, surtout par la mésange noire et la mésange nonnette ;
  • la sittelle torchepot coincer des graines dans l’écorce des arbres voisins ou dans les poteaux de clôture ;
  • le geai des chênes emporter des cacahuètes entières ou avaler plusieurs graines avant de s’envoler pour les enterrer ;
  • au Canada, les mésanges à tête noire, les sittelles et les geais bleus faire exactement la même chose.

Les réserves expliquent qu’une mangeoire se vide plus vite que le nombre d’oiseaux ne le laisse penser. Elles signifient aussi qu’une partie de vos graines finit dans le paysage alentour, où les oiseaux les mangeront des jours plus tard.

Les réserves rendent-elles les oiseaux dépendants des mangeoires ?

Les recherches suggèrent que non. Les oiseaux qui ont accès aux mangeoires trouvent tout de même la plus grande partie de leur nourriture dans la nature, et les graines stockées ne sont qu’une part d’un régime varié. Notre article sur la dépendance des oiseaux aux mangeoires présente les données, et notre guide pour nourrir les oiseaux en hiver détaille ce qui aide le plus pendant les mois froids.

Les caches oubliées plantent-elles vraiment des forêts ?

Oui. Toutes les caches ne sont pas récupérées. Un oiseau peut mourir, trouver assez de nourriture ailleurs, perdre un site sous la neige ou tout simplement ne pas revenir. Les graines épargnées germent.

  • Les chênes et les geais. Le geai des chênes en Europe et le geai bleu en Amérique du Nord transportent les glands de quelques centaines de mètres à plus d’un kilomètre de l’arbre d’origine, souvent vers des terrains dégagés où les jeunes chênes poussent bien. Les chercheurs pensent que les geais ont aidé les chênes à recoloniser le nord de l’Europe après la dernière glaciation.
  • Les pins et les cassenoix. Le pin cembro des Alpes dépend largement du cassenoix moucheté pour disperser ses graines lourdes et sans ailes. En Amérique du Nord, le pin à écorce blanche dépend de même du cassenoix d’Amérique. Les caches oubliées sont une source majeure de nouveaux arbres.
  • Les autres arbres. Sittelles, mésanges et autres stockeurs dispersent probablement, à plus petite échelle, des graines de hêtre, de noisetier, de pin et d’autres essences.

Les oiseaux stockeurs comptent ainsi parmi les planteurs de graines les plus importants des forêts tempérées.

Quand les oiseaux stockent-ils le plus ?

Les réserves suivent le calendrier et l’horloge.

Le calendrier

Chez la plupart des stockeurs des régions tempérées, les réserves augmentent fortement en fin d’été et en automne, quand les graines mûrissent et avant l’arrivée de l’hiver. En Europe, la mésange noire, la mésange nonnette et la sittelle stockent beaucoup à partir de septembre environ. Le geai suit la récolte de glands, qui culmine en général de septembre à novembre. Le cassenoix commence encore plus tôt, en récoltant les graines de pin dès la fin de l’été. En hiver, le stockage continue à un rythme plus faible, les oiseaux cachant et récupérant de la nourriture au jour le jour.

Le rythme quotidien

Les stockeurs à court terme comme les mésanges cachent souvent de la nourriture dans la journée et la mangent le soir même ou le lendemain. Certaines études suggèrent que les oiseaux récupèrent davantage de caches en fin d’après-midi, pour compléter leurs réserves de graisse avant une longue nuit. Par une soirée froide, un petit oiseau peut perdre une part importante de son poids pendant la nuit rien qu’en restant au chaud : avoir de la nourriture à portée avant la tombée de la nuit peut donc beaucoup compter. Notre guide sur comment les oiseaux se protègent du froid explique ce budget énergétique.

Les années de glandée

Beaucoup d’arbres, dont les chênes, les hêtres et les pins, produisent d’énormes récoltes certaines années et presque rien d’autres. On parle d’années de glandée, de faînée ou, plus généralement, de fructification massive. Ces années-là, geais et cassenoix stockent des quantités énormes et davantage de graines restent oubliées, ce qui explique en partie les poussées de jeunes arbres après une grosse récolte.

Comment observer les réserves au jardin ?

C’est facile à voir quand on sait quoi chercher.

  1. Choisissez une mangeoire près des arbres. Des graines de tournesol ou des cacahuètes à quelques mètres de grands arbres offrent un court trajet aux stockeurs.
  2. Suivez un seul oiseau. Au lieu de regarder la mangeoire, regardez où va une mésange ou une sittelle quand elle repart.
  3. Guettez le geste. Un oiseau qui cache enfonce la graine dans une fissure, une feuille enroulée, du lichen, une touffe d’aiguilles ou une écorce décollée, souvent à coups de bec, puis la recouvre parfois.
  4. Remarquez la pause. Les stockeurs jettent parfois un coup d’œil autour d’eux avant de cacher, une prudence peut-être liée aux voleurs.
  5. Inspectez clôtures et façades. Sittelles et geais utilisent parfois les fentes des clôtures en bois, voire les interstices des boiseries.

Idées reçues sur les réserves des oiseaux

Idée reçue : les oiseaux stockent par gourmandise. En réalité, c’est une stratégie de survie ajustée par l’évolution à des ressources imprévisibles.

Idée reçue : les oiseaux retrouvent leurs caches à l’odeur. En réalité, les expériences désignent la mémoire et les repères visuels. Pour savoir ce que les oiseaux perçoivent par l’odorat, voyez notre article sur l’odorat des oiseaux.

Idée reçue : tous les oiseaux font des réserves. En réalité, beaucoup n’en font pas. Le rougegorge, le merle noir et la plupart des fringilles stockent rarement. Le comportement se concentre dans certaines familles.

Idée reçue : les oiseaux oublient la plupart de leurs réserves. En réalité, les études suggèrent qu’ils en récupèrent une grande partie. Ce qu’ils manquent compte quand même, car cela devient des arbres.

Idée reçue : les réserves ne concernent que l’hiver. En réalité, elles culminent en automne et en hiver, mais beaucoup d’oiseaux stockent toute l’année, surtout le surplus d’une source abondante.

Un tour du monde des réserves

Le stockage apparaît partout où la nourriture oscille entre abondance et pénurie. Dans les forêts boréales de Scandinavie et de Russie, la mésange lapone et la mésange boréale cachent des milliers d’éléments pour survivre aux longs hivers sombres. En Méditerranée et dans les chênaies de Turquie, le geai des chênes récolte les glands chaque automne. Dans les régions plus chaudes, comme une grande partie du Brésil, où la nourriture est disponible plus régulièrement au fil de l’année, les réserves dispersées des petits passereaux sont moins marquées, même si certains geais, dont le geai acahé, et d’autres corvidés stockent leurs surplus. La tendance générale, relevée par de nombreux chercheurs, est simple : plus le milieu est rude et saisonnier, plus les oiseaux comptent sur leurs réserves.

En bref

  • Les réserves permettent aux oiseaux de survivre au froid, à la neige et aux pénuries saisonnières.
  • Les stockeurs dispersés utilisent de nombreuses petites caches ; d’autres oiseaux concentrent leurs réserves en quelques garde-manger.
  • Un cassenoix peut stocker des dizaines de milliers de graines en une saison.
  • Les oiseaux stockeurs ont en général un hippocampe relativement plus grand.
  • Les geais buissonniers se souviennent du quoi, du où et du quand de leurs caches.
  • Geais et cassenoix plantent des chênes et des pins en oubliant une partie de leurs caches.
  • Aux mangeoires européennes, la mésange noire, la mésange nonnette, la sittelle et le geai sont les principaux stockeurs.

Sources

Les plus lus

Questions fréquentes

Pourquoi les oiseaux font-ils des réserves de nourriture ?

Pour lisser un approvisionnement irrégulier. En stockant graines, fruits secs ou proies quand la nourriture abonde, ils peuvent tenir pendant les nuits froides, la neige, le mauvais temps et les disettes de l'hiver. Certaines espèces font aussi des réserves pour nourrir leurs poussins en début de saison, ou simplement pour se servir vite à une source très fréquentée et manger ensuite dans un endroit plus sûr.

Quels oiseaux font des réserves ?

Le comportement est surtout développé chez les corvidés, dont les geais, les cassenoix, les pies et les grands corbeaux, et chez les mésanges et les sittelles. Les pies-grièches empalent leurs proies sur des épines, plusieurs petites chouettes stockent des souris et des campagnols, et en Amérique du Nord le pic glandivore remplit des arbres-greniers de glands. Beaucoup d'autres oiseaux n'en font qu'occasionnellement, voire jamais.

Comment les oiseaux se souviennent-ils de leurs cachettes ?

Surtout grâce à leur mémoire spatiale. Ils utilisent des repères et la disposition des lieux pour retrouver leurs caches. Les espèces qui stockent ont en général un hippocampe, la région du cerveau liée à la mémoire spatiale, relativement plus grand que des espèces proches qui ne stockent pas. Des expériences suggèrent que certains geais et cassenoix retrouvent des milliers de sites pendant des mois.

Pourquoi la mésange prend-elle une graine et s'envole-t-elle ?

La mésange emporte en général une seule graine sur une branche voisine pour l'ouvrir ou pour la cacher. En automne et en hiver, chez la mésange noire ou la mésange nonnette, une bonne partie des graines emportées sont cachées dans l'écorce, les lichens, les feuilles mortes ou les aiguilles, puis récupérées plus tard, souvent en quelques jours. Prendre une graine à la fois limite aussi le temps passé à découvert.

Les oiseaux oublient-ils où ils ont caché leur nourriture ?

Ils oublient ou abandonnent certaines caches, et d'autres sont pillées ou mangées par des rongeurs. Les oiseaux récupèrent une grande partie de leurs réserves, mais les graines restantes comptent. Les glands oubliés par les geais des chênes et les graines de pin cembro oubliées par les cassenoix peuvent germer, ce qui fait de ces oiseaux d'importants planteurs de chênes et de pins.